‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 53 sur 89 · PREMIER BARDE · texte numérisé non relu

PREMIER BARDE

La nuit s'étend, froide et sombre ; les nuages pèsent amoncelés^ sur les collines ; la lune cache dans la brume son pâle regard ;, pas une étoile ne brille au ciel.

J'entends \ò bruit sourd et confus des autans dans la forêt lointaine; le torrent solitaire murmure comme des sanglots, au fond du vallon ; la chouette glapissante crie au faîte de l'arbre qui se balance sur les tombes.

J'aperçois un fantôme dans la plaine : est-ce l'ombre d'un guerrier qui n'est plus?... Elle se dissipe, elle s'est évanouie. On portera par ce chemin quelqu'un dans la fosse : ce fantôme lui a tracé sa route.

J'entends un dogue hurler dans une cabane éloignée; le cerf est couché sur la mousse de la montagne; sa biche repose à ses côtés : elle a entendu le vent résonner dans son bois, je la vois qui se dresse avec effroi; puis elle se rassure et se couche sur la bruyère.

Le chevreuil dort dans le creux d'un rocher, et le coq de bruyère cache sa tête sous son aile. Nul animal, nul oiseau dans la plaine, que le renard et la chouette. L'une est perchée sur un arbre sans feuilles, l'autre paraît dans un nuage sur la cime du coteau.

\ . Mac-Pherson n'allribue point ce poomo A Ossian , el croil qu'il a élé composé plusieurs siècles après la mort du barde écossais. Nous l'avons admis dans ce recueil, sans discuter son aniiquilé, parce que sa forme a conservé éminemment le cachel des pot^mes d'Ossian.

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