LES PLAINTES DE MINVANE
« Hélas! j'aperçois tes armes entassées dans ton vaisseau. Je les vois couvertes de sang : on ne les a donc pas placées près de toi dans ta sombre demeure, ô mon cher Ryno I
« Hélas I la voix de l'aurore ne viendra plus te dire : « Lève- « toi, jeune guerrier, les chasseurs sont déjà dans la plaine; « le cerf est relancé dans les bois!... »
c: Retire-toi , vermeille aurore, retire-toi, Ryno dort : il n'entend plus ta voix ; les cerfs bondissent sur sa tombe. La mort t'environne, ô mon bien-aimé; mais je marcherai sans bruit , et je me glisserai doucement dans le lit où tu reposes.
<r Minvane se couchera en silence à côté de son cher Ryno ; mes jeunes compagnes me chercheront; elles suivront, en chantant, la trace de mes pas.
« Mais je n'entendrai plus vos chants, ô mes compagnes! ]^e pleurez pas mon souvenir : je vais reposer dans la couche des morts, auprès de mon beau chasseur. »