‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 55 sur 89 · SECOND BARDE · texte numérisé non relu

SECOND BARDE

Le vent s'est levé, la pluie tombe, l'esprit de la montagne hurle dans les bois, les arbres s'entre-choquent et se brisent avec fracas, les portes battent contre les cabanes ébranlées.

L'ouragan chasse de la colline le cheval, la chèvre et la génisse attardés; ruisselants de pluie, ils tremblent sur les falaises qui s'écroulent. Le torrent se gonfle et roule à grand bruit son onde écumante. Le voyageur sonde le gué : entendez-vous ce cri de détresse? C'est la mortl

Le chasseur se réveille en sursaut dans sa hutte solitaire; et rallume les dernières étincelles de son foyer. Ses dogues, humides et fumants, se pressent autour de lui. Il tasse la bruyère dans les crevasses de sa chaumine : près de sa porte, deux torrents descendent de la montagne , et mêlent en mugissant leurs vagues fangeuses.

Le pâtre égaré s'assied, triste et rêveur, sur le penchant de la colline ; il attend que la lune se lève pour guider ses pas chancelants sur les sentiers inondés.

Les fantômes montent sur l'orage : on croit ouïr murmurer leur voix grêles, dans les intervalles que laissent les rafales du vent ; leurs chants viennent de l'autre monde .

Lapide a cessé : un vent sec souffle sur la plaine ; mais les torrents grondent toujours ; des gouttes froides tombent du toit. Je vois le ciel semé d'étoiles ; mais la pluie s'amoncelle de nouveau : le couchant est chargé d'épais nuages.

164 SCÈNE d'une nuit d'oCTOBRE.

La nuit est grosse d'épouvante et de désastres. 0 mes amis, recevez-moi, sauvez-moi de cette nuit !

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