TROISIÈME BARDE
Le vent mugit et s'engouffre dans les gorges des montagnes, il siffle dans les hautes herbes qui couvrent les tombes. Les sapins tombent déracinés; la cabane de chaume est emportée ; les nuages déchirés flottent parmi les cieux, et découvrent çà et là quelques étoiles.
Le météore qui présage la mort voltige et scintille dans l'épaisseur des ombres; il s'arrête au-dessus de la colline, et je vois trembler dans sa clarté la fougère desséchée, les noirs buissons du rocher, et les chênes séculaires courbés par l'ouragan.
Quel est ce héros que je vois près du torrent, enveloppé de voiles funèbres? Les vagues se ruent à flots pressés sur le lac, dévorent ses rivés escarpées.
Une barque est renversée sur le flanc , les rames se balancent sur les flots : une jeune fille du désert est assise près du rocher, et regarde tristement couler le torrent.
Son bien-aimé lui a promis de venir à la fin du jour : elle a vu sa barque sur le lac. Ah ! n'est-ce point celle qu'on aperçoit échouée sur la grève? Est-ce le râle funèbre du hien-aimé qu'elle entend gémir parmi les vents ?...
Écoutez comme la grêle tombe; des flocons de neige descendent en silence des nues : la cime des monts blanchit, les vents se taisent , la nuit devient toujours plus glacée.
0 mes amis , recevez-moi, sauvez-moi de cette nuit !