‹ Ossian, barde du troisième siècleChapitre 65 sur 89 · D'OSCAR ET DE DERMID · texte numérisé non relu

D'OSCAR ET DE DERMID

Caruth, père d'Oscar, raconte la rivalité et la mort de son fils, et de Dermid, son ami. Il ne faut pas confondre cet Oscar et ce Dermid avec les héros de même nom dont il est question dans le poëme de Temora. Il n'est pas sûr, dit M. Mac-Pherson, que ce fragment soit d'Ossian; mais il se rapproche des oeuvres de ce barde par le sujet et par la manière dont il est traité; c'est à ce titre que nous lui donnons place dans ce recueil.

Pourquoi rouvrir la source de mes pleurs, fils d'Alpin? Pourquoi me demander comment Oscar a péri? l'abondance de mes larmes a éteint mes yeux ; mais le souvenir de mon malheur vit toujours dans mon cœur.

Comment me résoudre à raconter la mort funeste du premier des héros? Chef des guerriers, Oscar, ô mon fils, je ne te verrai donc plus 1

11 a disparu comme l'astre de la nuit au milieu de la tempête, comme le soleil quand les vapeurs de l'orage, montant du sein des flots, enveloppent les rochers d'Ardannider.

Et moi, resté seul dans ma demeure, je me flétris comme un vieux chêne de Morven, que les vents ont dépouillé de ses rameaux et qui chancelle au plus léger souffle du nord. Chef des guerriers, ô mon fils, je ne te verrai donc plusl

Fils d'Alpin, l'homme brave ne tombe point comme l'herbe des champs. Son glaive est dans sa main comme la faux du trépas. Avant de succomber, il immole et dévore de nombreux bataillons.

Mais toi, mon cher Oscar, tu as péri, sans qu'aucun fait d'armes ait illustré ta chute. Ta lance est rouge du sang de ton ami.

Oscar et Dermid n'avaient qu'un cœur. Ils moissonnaient des couronnes de chêne sur les champs de bataille ; leur amitié était forte comme l'acier de leur armure. La mort marchait toujours entre ces deux amis.

Us tombaient sur l'ennemi comme deux rochers qui se dé-

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