Journal Étranger, janvier
Sans doute quelque jour (grands Dieux ! quel jour funeste !) En vain. on cherchera dans la voûte céleste Les astres éelatants qui l’ornent aujourd’hui.
Caton, il est vrai, a des: lumières qui manquent à Ossian. Le stoïcien tire de ces réflexions une leçon de courage et d’espoir, tandis que le Barde se laïsse.aller au plus sombre découragement. L'année suivante, le Jaurnal Etranger traduit encore l’apostrophe au soleil de Zagharie dans son poème de La Nuit”: «Fils du ciel, divin Soleil, pourquoi as-tu fui si rapidement ? Où es-tu ? Dans quel heureux élément as-tu plongé ta tête rayonnante? » C’est tout: à fait le ton et le mouvement ossianiques. Le même Zacharie fournit encore un poème de Midi? ; Saint-Lambert, au moment même de la première vogue d’Ossian, une pièce sur Le Soir et une sur Le Matin’; un autre, à la même époque,un poème des Quatre parties du jour *. Gette poésie sidérale est à la mode. C’est dans Ossian qu’elle trouvera, avec l’hymne au soleil de Carthon et celui de Carric-Thura, avec l’invocation à la lune de Dar-thula et l’apostrophe à l'étoile du soir des Chants de Selma, son expression la plus écoutée.
Ossian répondait-il en quelque façon à ces désirs formels ou inexprimés? Apportait-1l à la poésie française des germes de renouvellement, et lesquels ? L'intérêt qu’éveillent les premières traductions, la confiance, la sympathie, l’admiration qui vont aller en grandissant dans les années suivantes, tous ces sentiments sincères que ne dictait pas encore la mode, dans quelles qualités de l’Ossian que l’on connaissait jusqu'alors avaient-ils leur source ? On peut apercevoir une partie au moins des causes intimes du suc-