‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 114 sur 512 · Journal Encyclopédique, 14 mars · texte numérisé non relu

Journal Encyclopédique, 14 mars

poésie qui ne peint que des objets lugubres, et d’une insupportable monotonie jusque dan; sa variété ! ?

Un peu plus tard, le Journal des Savants, plus modéré comme toujours, résume brièvement l’ouvrage dont il nomme l’auteur : « On attribue cette Dissertation au D° Blair. » Il semble que l’ample étude dont elles sont l’objet ouvre tout à fait les yeux sur le mérite ou tout au moins sur l’importance de ces « poésies erses ou galigues (sic). qui semblent former un nouveau genre de littérature en Angleterre * ».

Deux ans après, l’œuvre de Blair reparaissait pour le publie anglais au tome.Il de la première édition complète d'Ossian. Bachaumont, en signalant dès son apparition cette « collection entière des poèmes en langue erse ou celtique », est d'avis que « la Dissertation de M. Blair suppose beaucoup d'esprit, de goût, de littérature et de philosophie * ». La Gazette Littéraire ‘ consacre une vingtaine de pages à l’analyse de « ce morceau de critique excellent », qu'elle apprécie exactement dans les mêmes termes que Bachaumont *. Comme la Dissertation n’a jamais été traduite dans son entier, c’est par ces pages, et par celles des Variétés Liltéraires qui les reproduisent trois ans plus tard, que le lecteur français a pu la connaître. Ecoutons donc ce que Blair, par l'intermédiaire de la Gazette, apprenait au public français.

L’auteur montre d’abord que les siècles barbares, dont l'histoire est ou fabuleuse ou inconnue, sont révélés par leur poésie dans ce qu'ils ont de plus intéressant : leur imagination et leurs passions. Leur imagination est libre et fraîche, et leurs passions sont véhémentes. Aussi leur langage prend-il nécessairement un tour poétique. On explique ainsi le style figuré ou oriental dont tous les sauvages font usage, et les progrès de l’exactitude et de l’abstraction dans

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