‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 118 sur 512 · Ib., 1° septembre 1765 ; Variétés Littéraires, 1V · texte numérisé non relu

Ib., 1° septembre 1765 ; Variétés Littéraires, 1V

Cesarotti 231:

zette à propos des Observations de Cesarotti. L'auteur ano-. nyme ne revient pas sur Ossian lui-même, son époque, sa poésie. Il « se contente de traduire. quelques observations sur le caractère de Fingal », prises aux notes de la nouvelle traduction italienne, observations qui lui ont paru « fécondes, lumineuses », et qu'il se borne à reproduire sans les discuter. Ce morceau sur Fingal,et à ce propos sur les caractères que doit présenter la poésie, occupe neuf pages : il est intéressant à plus d’un titre.

Se demander si le poète doit représenter les hommes tels qu'ils sont ou tels qu’ils devraient être ; soutenir contre Gravina que la poésie, opposée en cela à l’histoire, doit peindre le général, et par conséquent le plus parfait ; prétendre qu’elle doit être l’école de la vertu, et que ses héros doivent être des modèles et non pas des portraits ; tout cela était dit avec intérêt par l'Italien et se retrouvait traduit avec feu par le Français ; mais tout cela était d’une esthétique déjà démodée, et n'apportait pas d'arguments bien nouveaux. Il en est autrement des observations sur le caractère de Fingal, qui sont l’occasion et le fondement de la discussion. Non que ce caractère soit analysé avec profondeur, ni que les diverses circonstances où on le voit agir soient examinées avec précision. Le vrai poète rend la vie aux figures effacées que la tradition lui livre ; il puise dans son cœur ce sang chaud quil fait couler dans leurs veines, et, comme les ombres d’'Homère au séjour ténébreux des Cimmériens, elles doivent pour marcher et pour parler avoir bu d’abord le sang vivifiant. Mais Fingal n’est qu’une ombre vaine, que la prise du critique ne peut arriver à saisir. Il est bien plus aisé de répéter, avec Cesarotti et son traducteur, que toutes les vertus se donnent rendez-vous dans son âme, et de disserter abstraitement sur sa perfection. « Ce qui le distingue essentiellement, c’est l'humanité.» Toutes les qualités s’ensuivent naturellement «Il est grand sans effort, vaillant sans férocité, sensible sans faiblesse. » Par là, il offre letype le plus parfait de l’héroïsme de nature, « opposé à l’héroïsme de société » ; ou du moins qui n’a emprunté à ce dernier que les traits les plus acceptables, l’amour de la gloire, par exemple. « Amant passionné des siens, affable envers les étrangers, ami tendre,

ennemi généreux, il prend pitié des malheureux, il sent les maux de l’humanité. »

On l’avait peut-être remarqué déjà, mais Cesarotti et son interprète le disaient avec force pour la première fois. Fingal, ainsi présenté, devait plaire aux contemporains à qui la Gazette offrait ce beau portrait. Beaucoup d’esprits méditent alors sur la vanité, sur la cruauté des guerres ; de plus en plus elles paraissent inutiles au peuple qui en soutient le poids, provoquées par l’ambition ou l’amour-propre des seuls souverains, et non seulement odieuses aux yeux du philosophe et de l’homme sensible, mais funestes à ceux de l’économiste. Les idées ont marché depuis la protestation amère et isolée de La Bruyère ; la foi monarchique et la foi chrétienne ayant à des degrés divers déserté les âmes qui guident et qui éclairent les autres, la guerre ne tire plus de prestige, ni de la volonté sacrée du prince, ni des desseins impénétrables de Dieu : elle n’est plus qu’un fléau évitable. Les épopées vivent de la guerre ; c’est du moins leur principale matière. Matière infertile et déplaisante en un siècle de lumières. Qu’on nous montre tout au moinsdes héros quisoient une vivante protestation contre les mœurs de leur temps — qui sont encore celles du nôtre. Que si, pour obéir à ces mœurs barbares, ils versent ou font verser le sang, que ce soit avec des larmes de pitié. Qu'ils soient braves, mais généreux ; fiers, mais sensibles. Tels sont Ossian, Oscar, Fillan, et la plupart des héros ossianiques ; les méchants, les félons, un Duchomar,un Caïrbar, un Hidallan, sont présentés comme méprisables, et nul ne s’y peut méprendre. Tel est surtout Fingal, dont la personne morale est une vivante protestation contre l’état des mœurs et l’institution même de la guerre. Il ne combat pas pour conquérir, mais pour venger des victimes et pour défendre des opprimés ; il combat la tristesse au cœur, et intervient en toute circonstance pour arrêter le massacre ou pardonner au vaincu. Il semble annoncer l'ère de paix que la diffusion des lumières ne saurait manquer d’amener bientôt, où les hommes se reconnaîtront pour frères, et ne se rencontreront que pour s’embrasser.

- Une figure si belle ne pouvait d'ailleurs appartenir qu'aux premiers âges de l’humanité.« L’héroïsme de nature » est

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une expression fort intéressante et qui mérite l'attention. Rousseau vient d'enseigner la beauté et la sainteté de l’état de nature. L’homme que la société a corrompu se forge un idéal funeste ; il se donne des chaînes : il vit asservi à mille

sujétions imaginaires et nuisibles. La perfection au contraire,

la vertu el le bonheur, résident dans le développement harmonieux des facultés naturelles, sans concession à l’opinion, sans contrainte de la société. Ce que fut jadis partout et en tout lieu, ce qu'est de nos jours, ici ou là, l’homme de la nature, ce qu’Emile saura être encore aux yeux étonnés d’un siècle corrompu, voilà ce qu’est Fingal, ou voilà ce dont Fingal offre une image embellie des couleurs de la poésie, mais exacte pourtant. Il est vertueux, non parce qu’une lutte persévérante a fait triompher en lui les bonnes passions des mauvaises, mais parce qu'il laisse parler en son cœur la voix de la nature. Il est vertueux, parce que tous les hommes etmême tous les roisle sont naturellement, quand les mœurs ne sont pas arrivées à un degré de corruption qui impose le vice et fasse une règle de la cruauté. Les contemporains de Rousseau étaient donc invités à admirer dans Fingal le modèle le plus parfait de l'homme, du guerrier et du roi, qu’une heureuse découverte permettait de retrouver intact, et tel qu’il fut jadis dans l’état de nature. Cette image que le philosophe avait rêvée, on pouvait maintenant la contempler à loisir ; et l'histoire venait prouver ce que la raison avait

affirmé.

S'il en æst ainsi, si le caractère de Fingal est « tout ce

que l'imagination des poètes a produit jamais de plus parfait et de plus beau », que penser des personnages homériques, généralement si admirés ? Ne sont:ils pas plus vrais, plus humains, plus intéressants ? Il faut se défaire de cette erreur, s’écrie impétueusement Cesarotti, représenté 1c1 par son traducteur. C’est le fruit d’une « admiration superstitieuse » pour Homère, dont les « aveugles partisans » ne veulent pas admettre d’autre beau que le sien, ni d'intérêt plus pur que celui qu’il fait naître. On a déjà vu tout à l'heure Ossian mis d’après Blair en comparaison réglée avec Homère. Voici maintenant que, du point de vue moral, il lui est hautement préféré. Et par qui ? Le correspondant anonyme de la Gazette ne le disaït pas, sans doute parce

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qu'il l'ignorait. Par un homme qui venait de traduire en beaux vers cet Homère même qu’il diminuait ainsi ; par un professeur de Padoue dont l’autorité était même supérieure à celle de son collègue d’Edimbourg. Un peu plus tard, quand Cesarotti sera mieux connu en France, sa qualité de traducteur d'Homère pourra ajouter du poids à son Jugement. C’est pour avoir borné son horizon aux productions de la Grèce, et notamment aux poèmes homériques, qu’Aristote n'a pu émettre à ce sujet que des jugements étroits ou faux. Si le philosophe eût connu Ossian, comme il eût mieux parlé de l'épopée en sa Poétique |

La Gazette n'enregistre cependant pas sans protester des idées aussi hardies. Elle fait suivre la Lettre de « quelques remarques » dues probablement à la plume de Suard. Ces remarques portent seulement sur la critique de Gravina par Cesarotti, et par conséquent sur la question de savoir si les héros de la poésie doivent être parfaits ou même vertueux. Remarquons en passant que le journaliste français refuse absolument toute fonction moralisatrice et éducative à la poésie, qu’il réduit à plaire et à toucher. L'idée de Cesarotti était bien italienne, et sera de plus en plus essentelle à la poésie de son pays pendant la période de résurrection qui s’ouvre juste à ce moment ; celle de son critique est bien française, et nous saisissons par cet exemple de détail une intéressante différence.

La traduction de Cesarotti n’avait pas, à son apparition, été appréciée en France comme telle : elle avait seulement servi de point de départ aux réflexions anonymes et à leur réfutation. Lors de la réédition de 1773, la Gazette des Deux-Ponts ‘ s'étendit davantage sur ce sujet. Elle estime que le traducteur italien d’Ossian « lui a prêté des grâces, de l’énergie, un mérite supérieur peut-être à celui de l'original. Les Anglais eux-mêmes, continue:t-elle, ont applaudi à cette traduction : ils ont trouvé Ossian beaucoup mieux dans son nouvel habillement qu’il ne l'était dans sa simple robe anglaise. » Ces éloges restent vagues, quoique l’auteur loue particulièrement « la singulière harmonie » des vers italiens. Mais surtout la Gazette ne par-

1. Gazelte Universelle de Liltéralure, Deux-Ponts, 1773, p. 318.

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tage pas l’enthousiasme sans bornes de Cesarotti. Le critique lui paraît au-dessous du traducteur. Encore s'est-il amendé ; et il faut lui en savoir gré. Ses éloges outrés, que l’auteur de la lettre anonyme avait fait connaître en partie au public français, ont disparu :

Il y avait dans l’ancienne édition des notes où M. Cesarotti élevait son Barde au-dessus d'Homère. Les érudits en ont été fortement scandalisés: la saine portion des littérateurs était fâchée pour M. Cesarotti d’un jugement qui ne faisait pas honneur à son goût, et qui ne se conciliait pas avec celui qu'il a montré dans sa version. Il a supprimé ces notes dans sa nouvelle édition, et assurément il a bien fait.

La Gazette va plus loin, et profite de l’occasion pour énoncer de sévères réserves sur le mérite de la poésie ossianique. Parmi ses reproches, il en est d’assez précis :

Tout le monde n’admirera pas également son poète sauvage. On avoue qu'il y a des morceaux pleins de force, et très heureux pour un Barde. Mais on voudrait qu’on avouât que ce Barde se répète un peu trop souvent. que ses narrations manquent fréquemment d'ordre, qu’il a trop d’écarts d'imagination, et un trop grand nombre de pensées fausses. On trouve que ce grand Fingal « appuyé sur le tronc d'un vieux chêne déraciné par les ouragans de la montagne, et s’élevant encore fort audessus de ce tronc » est un peu plus grand qu'il ne fallait le peindre; et qu’une armée qui en marchant pendant la nuit « fait un bruit aussi faible que celui des cousins qui bourdonnent » fait trop peu de bruit, etc.

Ce ne sont pas là peut-être de très forts arguments contre Ossian. Ils pourraient être employés contre presque toute la poésie d’imagination ; tous les poètes romantiques, et surtout les plus grands, se sont vu reprocher des images forcées ou inexactes, des comparaisons exagérées ou bizarres, des « écarts d'imagination » et des « pensées fausses ». Nous avons lu les critiques des « classiques » contre Chateaubriand, Lamartine et le jeune Hugo, et nous avons entendu des hommes de goût, dans la seconde moitié du x1x° siècle, refuser d'admettre les nouveautés de la Légende des Siècles. Il y avait quelque chose de mieux à dire d’Ossian et de son

insuffisance. Mais il aurait fallu prendre garde à ne pas condamner en masse toute la poésie décousue, naïve, bavarde et hyperbolique qui est souvent celle des peuples jeunes. Il aurait fallu savoir reconnaître et apprécier, dans la révélation de Macpherson, ce qu’elle présentait de local, d'antique, ce qu’il y avait de savoureux dans sa naïveté, de grand dans sa simplicité. Une telle distinction était peut-être impossible à établir au xvinr siècle, Et c’est un grief à faire à Ossian que d’avoir retardé, en France et peut-être en Europe, la perception et le goût de la vraie poésie primitive de l’Occident, en en présentant une image altérée,et en donnant le change sur ses vrais caractères. Et ceux qui l’admirent, et ceux qui le blâment, sont également loin de la vérité.

Les critiques de la Gazette des Deur-Ponts avaient déjà été exprimées avec infiniment plus d’esprit et d’autorité par Voltaire. Le morceau est très connu‘. Voltaire suppose un dialogue, dans la bibliothèque de Milord Chesterfield, entre un professeur d'Oxford, un Ecossais, et un Florentin « d’un esprit Juste et d’un goût cultivé ». L’Ecossais « vantait le poème de Fingal, composé, disait:il, dans la langue du pays de Galles, laquelle est encore en partie celle des Bas-Bretons ».

Que l'antiquité est belle ! s’écria-t-il ; le poème de Fingal a passé de bouche en bouche jusqu’à nous depuis près de deux mille ans, sans jamais être altéré ; tant les beautés véritables ont de force sur l’esprit humain.

Alors il lut à l’assemblée ce commencement de Fingal :

Cuchullin était assis près de la muraille de Tura sous l'arbre de la feuille agitée ; sa pique reposait contre un rocher couvert de mousse ; son bouclier était à ses pieds sur l’herbe. Il occupait sa mémoire du souvenir du grand Carbar, héros tué à la guerre. Moran, né de Fitilh, Moran, sentinelle de l'Océan, se présenta devant lui.

1. Œuvres de Voltaire, XVII, 236 : Questions sur l'Encyclopédie, 1'® partie, 1770 : Anciens et Modernes. D’un passage d’'Homère.

Voltaire : 237

Lève-toi, lui dit-il. lève-toi, Cuchullin; je vois le: vaisseaux de Svaran, les ennemis sont nombreux, plus d’un héros s’avance sur les vagues noires de la mer. ;

Cuchullin aux yeux bleus lui répliqua: Moran, fils de Fitilh, tu trembles toujours; tes craintes multiplient le nombre des ennemis. Peut-être est-ce le roi des montagnes désertes qui vient à mon secours dans les plaines d’Ullin. Non, dit Moran, c’est Svaran lui même; il est aussi haut qu’un rocher de glace ; j'ai vu sa lance, elle est comme un haut sapin ébréché par les vents; son bouclier est comme la lune qui se lève ; il était assis au rivage sur un rocher, il ressemblait à un nuage qui couvre une montagne... (

Ah ! voilà le véritable style d'Homère, dit le professeur d’Oxford ; mais ce qui m'en plaît davantage, c'est que j'y vois la sublime éloquence hébraïque …

Et il cite onze fragments tirés de onze psaumes différents.

Le Florentin, ayant écouté avec un grande attention les versets des cantiques récités par le docteur et les premiers vers de Fingal beuglés par l’Ecossais, avoua qu'il n’était pas fort touché de toutes ces figures ossianiques, et qu’il aimait beaucoup mieux le style simple et noble de Virgile.

Appuyé par Milord Chesterfield, il continue :

Messieurs, rien n’est plus aisé que d’outrer la nature, rien n’est plus difficile que de l’imiter. Il ne faut aucune peine pour être ampoulé en vers négligés, chargés d’épithètes, qui sont presque toujours les mêmes ; pour entasser combat sur combat, et pour peindre des chimères.

Pour prouver ce qu’il avance et pour répondre au défi qui lui est porté, il improvise un poème épique sur le Prince Noir, dans le style ossianique. Milord Chesterfield lui donne raison, et se fait relire l’Arioste et le Tasse ; pendant ce temps « l’Ecossais relisait Fingal, le professeur d'Oxford relisait Homère, et tout le monde était content ».

La question que pose Voltaire est très précise : 1l s’agit uniquement de la forme ; et s’il suffisait d’avoir de l'esprit pour avoir raison, on serait charmé de l’approuver comme on a été charmé de l’entendre. En parcourant Finqgal —

en anglais, car il n'existait encore aucune traduction française du poème, et pas même du début qu il cite — Voltaire a été choqué, dans son goût si fin et si limité. Mais ce qui l’a choqué, c’est boutlstee justement ce qui faisait l’originalité la plus certaine, et jusqu’à un certain point le mérite de l’Ossian de Macpherson : c’est le nombre et la hardiesse des images, la redondance des synonymes ou des épithètes, le tour à la fois solennel et naïf de la phrase. Il est vrai qu'il s’est montré parfois « sensible à l’énergie du style des poètes anglais « imitateurs des poètes hébreux », et aux figures hardies des Orientaux » et qu’il « voudrait en colorer, en réchauffer un peu la politesse de notre poésie ‘ ». Mais en 1770 le temps de ces hardiesses timides est passé depuis longtemps : Voltaire est en pleine réaction,et craint surtout les innovations et les importations dangereuses, qu’il s’agisse de « faire parler Melpomène en prose », de Shakespeare, ou d’Ossian. Plus celui-ci eût été authentique, plus il l’eût effrayé ou dégoûté. Qu’eût-il dit en lisant les véritables poésies irlandaises ? ou les ballades de Percy ? ou Beowulf ? ou les Niebelungen ? ou notre Chanson de Roland ? Et que disait-il en lisant Homère ? Il le trouvait choquant ou ennuyeux. Ceux qu'il admire, c’est Virgile, c’est l’Arioste, c’est le Tasse ; ce sont les maîtres de la poésie habile et réfléchie, de la poésie d'art. Toute la poésie qu’on appelait alors « de nature », et qui exprime en réalité un art moins habile et moins conscient, qui témoigne d’un goût moins exercé, et qui est faite pour plaire à des oreilles plus naïves, toute cette poésie lui est fermée. Edmond Géraud * remarque qu’il était incapable d'apprécier « ce qu’il y a de sublime dans les chants du Barde »,et lui reproche d’avoir dit qu’on faisait du Virgile quand on pouvait et de l'Ossian quand on voulait *. « Qu'est-ce là autre chose qu’un de ces mots tranchants comme il lui en est peut-être beaucoup trop échappé ? » Il doute fort que Voltaire, si habile qu’il fût, eût réussi dans ce genre ; rappro-

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