Veillées des Muses, V, 300 (prairial an VII
3. Corressondance inédite de Condorcet et de Turgot,p. 15 : Lettre de Turgot du 28 juin 1770.
être une des causes du peu de cas qu'il fait de l’ouvrage, quoique la lettre où il en exprime à Condorcet son avis ne contienne pas d’allusion précise à ce passage.
Cependant des témoignages continuaient à venir de l’étranger, qui empêchaient d'oublier le nomet la figure d’Ossian. Le Mercure donne l’annonce d’un curieux ouvrage dont le Barde a été certainement le motif ou l’occasion. Le titre de cet ouvrage, vrai prospectus, est de ceux qui par leur longueur dispensent de lire ce qui suit. On en trouve encore quelques-uns comme ‘cela au xvur* siècle. Celui-ci remplit 33 lignes du Mercure : en voici un modeste abrégé :
Grammaire anglo-irlandaise in-4, ou système complet de la langue hiberno-celtique, contenant... des extraits d’anciens poèmes en caractères irlandais... huit planches gravées pour l'explication de l’'Ogham des Druides... une préface très étendue, destinée à faire voir combien la connaissance de la langue irlandaise ou hiberno-celtique doit être utile aux historiens, aux antiquaires, et généralementàtous les savantset gens delettres des remarques critiques sur l'originalité de la langue erse du poème de Temora... par Charles Valencey, écuyer. Dublin, in-4 *,
Le Mercure, fatigué sans doute d'avoir recopié ce titre, n’a plus eu la force de rendre compte de l’ouvrage, qu’il a trouvé peut-être trop spécial et « d’une érudition trop épineuse ». Mais le lecteur pouvait apprendre, par ce titre seul, que l’auteur rattachait l’irlandais à l’oscien (osque ?) et à l’a/gonquin ; et cette linguistique hasardeuse pouvait l’induire en légitime défiance, Tout de même, le septième chant de Temora entrait comme élément dans de graves discussions philologiques. On se rappelle que Macpherson, pour établir l’autorité de son Ossian, avait donné ce chant dans le texte gaélique. Ossian s’incorporait à la littérature européenne. j