‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 160 sur 512 · Ib., Le Vil 5. 1b., Poësies ER psgjsque 11® D Hd RARES · texte numérisé non relu

Ib., Le Vil 5. 1b., Poësies ER psgjsque 11® D Hd RARES

Fontanes 357

Marchons, dit le héros; et plus prompt que l'éclair Déjà son bras terrible a fait briller le fer.

I] y a même des passages mal écrits et des termes impropres. Le poète tendre et charmant de L’Automne et de L'Heureux Vieillard sommeillait sans doute quand il versifiait Oithona. Retenons surtout que Léonard connaît et pratique Ossian. Ses Lettres de deux Amants datent de l’année suivante (1783), et ce qu’elles contiennent de paysages frénétiques peut venir directement de la lecture du Barde, sans nécessiter comme chaînon intermédiaire l'influence de Werther, comme on l’a supposé ‘. Le Journal de Paris se borne : à remarquer que le Chant d’un Barde est « d'un style plus élevé > que les autres poésies pastorales *. Mais L’Année Litiéraire,qui depuis que Geoffroy y tient la férule du critique est hostile au genre ossianique, blâme Léonard d’avoir été chercher là son Hlpiaresal et surtout d’avoir été « choisir un des chants d’Ossian pour le travestir en idylle * »; alors que le poème de Léonard, quelle qu'en soit la valeur, se contente de raconter Oÿthona en lui laissant son caractère, un peu épique, très élégiaque et fort peu idyllique. Mais Geoffroy est sévère : il trouve de mauvais goût, entre autres, l’île de Tromathon comparée à un bouclier bleu.

Il blâmait également Fontanes, l’année suivante, d’avoir été chercher si loin un Chant du Barde : « Je n'aime pas d’abord un sujet qui ne s’explique pas de lui-même, qui à chaque pas a besoin de notes et de commentaires *. » Ce qu’il y a de curieux, de nouveau, d’inédit dans le genre ossianique, choque ce gardien des saines traditions classiques. La Harpe, pourtant aussi classique que lui, se range, comme de juste, à l’avis opposé : il estime que le Chant du Barde est la meilleure pièce de Fontanes : « L'auteur y a rapproché fort heureusement les beautés semées par intervalles dans les chants d’Ossian ‘. »

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