‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 182 sur 512 · Les Entretiens du Palais Roya · texte numérisé non relu

Les Entretiens du Palais Roya

. Loaisel de Tréogate, La Comtesse d’Alibre, 1779. . Cournand, Les Styles, 1781.

. Œuvres de M. Borde, t. III.

. Boissy d’Anglas, Etudes liltéraires et poétiques d’un vieil ard: Ma Retraite, épître à La Harpe, 1784.

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tant de place aux nouveautés étrangères! ; on est au courant de quelques publications anglaises, mais fort peu intéressé par les essais de renouvellement littéraire, et notamment par Ossian : il n’est guère question de lui, non seulement dans la Table des Matières des Mémoires secrets (ce qui ne prouve rien, car elle est fort incomplète), mais même dans le texte de cet immense répertoire, comme un dépouillement attentif m’a permis de m'en assurer. La princesse Czartoryska veut élever un monument aux grands écrivains et soumet à Delille une liste où figurent Shakespeare, Pope, Young, Sterne, Métastase et Gessner * : Ossian ne figure pas parmi ces happy few. La charmante et sérieuse jeune fille qu’est Laurette de Malboissière lisait l’aimable Gessner, mais non le lugubre Young, et ne paraissait pas connaître l’existence d’Ossian . De même une anonyme de Berlin qui imite quatre idylles de Gessner +. De même la Werthérie de Perrin, en 1789, lit Gessner, auquel elle ajoute l’Héloïse, Milton... et Sapho *.

Un critique a cru devoir attribuer à l’Ossian de Le Tourneur une profonde et rapide influence sur la littérature française. Désormais, dit-il, « le style se colore, la phrase prend des modulations inattendues, les termes méprisés de la botanique et de la minéralogie font irruption dans la langue poétique, et les épithètes expressives se prodiguent à renforcer le sens des mots°. » J'avoue que je ne constate pas cette influence directe sur la forme, prose ou vers. M. Mornet se montre également beaucoup plus réservé dans ses conclusions ”. L'influence d’Ossian me paraît avoir été très faible sur les habitudes du langage : il a bien davantage contribué à élargir les idées et à séduire les sensibilités.

1. Voir P. Van Tieghem, L’Année Litléraire (1754-1790) comme intermédiaire en France des littératures étrangères.

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