‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 196 sur 512 · Id., Essai de Litlérature, Amsterdam, 1794, I · texte numérisé non relu

Id., Essai de Litlérature, Amsterdam, 1794, I

Premiers voyages en Écosse 413

Les premiers voyages en Ecosse qui aient été écrits ou traduits en français, et qui intéressent notre sujet, datent de cette époque. Ils n’annoncent nullement les pèlerinages passionnés que nous rencontrerons au xixe siècle. Comme Latocnaye, ces voyageurs s’intéressent à Ossian; pas plus que lui, ils ne le sentent avec ardeur ; au reste, ce sont plutôt des savants que des poètes. Chantreau, qui ouvre ce long défilé, goûte visiblement Ossian‘. Non qu’il se fasse illusion sur l’authenticité : ce qu’il en dit est même fort sensé, et l’on voit qu'il s'est renseigné sur les dieux. Mais il parle des Bardes, des culdées (qu’il n'aime pas, car il est ennemi de tout ce qui porte le froc), de Fingal et d’Ossian lui-même, avec un intérêt historique plus qu'avec une sympathie de l’âme. Le voyage de Knox est traduit en français en 1799. L'auteur, tout pratique, et qui s’intéresse surtout aux pêcherieset aux cultures, n’est guère sensible aux souvenirs poétiques que le paysage pouvait faire lever en lui. Il peut cependant confirmer de son témoignage authentique ce que son lecteur français entend répéter des Gaëls et de « l’agreste simplicité de leurs mœurs *». Quand ce lecteur arrive au chapitre intitulé Poésie des anciens Calédoniens *, il trouve trois pages de discussions sur l'authenticité, puis l’annonce de « l’édition superbe » du texte, et bientôt Knox cède la parole à John Smith : il résume en 923 pages l’essentiel des Antiquités gaéliques du plus important des Ossianides. L'ouvrage de Smith, publié en 1780, n’ayant jamais été traduit entièrement en français, ilse trouve que le voyage de Knox, non seulement l’a fait connaître très peu d'années après son apparition, mais encore a été le seul à en transmettre les idées. Les lecteurs d’Ossian et les amants de poésie naturelle ont pu apprendre là que le D' Smith, homme digne de foi, avait vu tout récemment à Benbecula le dernier des bardes, Mac Vuirich*, descendant d’une longue lignée de bardes attachés

1. Chantreau, Voyage dans les trois royaumes... fait en 1788-1789 ;1792, III, 16, 26, etc... et surtout 87-89.

2. Voyage dans les Montagnes d’Ecosse et dans les Iles Hébrides, par J. Knox ; traduit... 1790 : I, 2.

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