‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 197 sur 512 · Ou Mac-Mhuirich. Voir Saunders, p · texte numérisé non relu

Ou Mac-Mhuirich. Voir Saunders, p

de temps immémorial à la famille des Clanranald. Ainsi l’anecdote contemporaine rejoignait l'antique légende, et sur cette terre d’Ecosse il y avait hier encore des montagnards vertueux et des bardes inspirés.

Le Voyage de Faujas de Saint-Fond a eu, semble-t-il, plus de retentissement. Sans doute, l’auteur est un savant, un géologue qu’intéressent surtout le relief de l’Ecosse et les colonnes basaltiques de l'île de Staffa. Mais 1il n'oublie pas, en visitant la grotte de Fingal, « qu’une tradition ancienne, mais fabuleuse, la regarde comme l’antique palais du père d’Ossian ». Dans cette traversée même, le voyageur français remarque que ses rameurs sont heureux de le conduire à Staffa, « car ils aiment tout ce qui leur rappelle Ossian ».

Ils entonnent en chœur les chansons d'Ossian. Il n’y a personne dans ces îles, depuis le vieillard jusqu’au jeune enfant, qui ne sache par cœur de longues tirades ou des hymnes de cet antique et célèbre Barde*.

Ne pouvant comprendre les paroles, le savant note seu-

lement ces « récitatifs monotones », ces « tons plaintifs et mélancoliques », dont l’effet d’ailleurs est de l’assoupir et de le plonger bientôt « dans le plus profond sommeil ». D’autres que les marins de l’île de Mull aiment Ossian et croient en lui. C’est un maître d’école qui est « passionné pour les vers d’Ossian » et va dans la montagne en recueillir de nouveaux. « Ce grand poète » inspire également une Jolie jeune fille d'Edimbourg, miss Mac-Liane, qui s’entretient longuement du Barde avec le voyageur français. Elle l’assure qu'il est impossible à des Ecossais de croire que des écrivains anglais révoquent en doute l’existence d’Ossian. Sans doute Macpherson a beaucoup modifié: « maisil existe des morceaux intacts. >» Comme le Français s’intéresse visiblement à cette question, on lui donne de la « musique gallique ». Il connaît et cite les Fragments de Th. Ford Hill; il sait que celui-ci a retrouvé le forgeron Mac- Nab, qui avait remis à Macpherson des poèmes d'Os-

1. Voyage en Angleterre, en Ecosse et aux Iles Hébrides ,par Faujasde Saint-Fond, 1797 : II, 40, 36.

Ca

ngeons que ce voyage — assez lu, semble-t-il,

car les contemporains le citent volontiers — se publie en

. 1797,;au moment même où Ossian une vogue sans précédent,

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va rencontrer en France

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