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Homer in plaid and kilt

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de la politique du ministère, le gouvernement lui trouva un siège à la Chambre des Communes en 1780 ; il conserva ce mandat le reste de sa vie, maïs ne prit pas une part active aux débats. Au Parlement comme dans la presse, il rendait au ministère des services que payaient des subventions avouées ou secrètes, sans compter les gains assurés que lui procurait, s’il lui prenait envie de spéculer, à la Bourse, sa connaissance des secrets de la politique. Il acheta des terres à Badenoch, près du lieu de sa naissance, au centre des montagnes et des lacs qui lui avaient valu sa renommée, et s’y fit construire une villa italienne, Be/leville House, où il passait l’été. Pendant sa robuste maturité, on le trouve occupé, à Belleville ou dans l’une ou l’autre de ses deux confortables maisons de Londres et de Putney, à travailler pour le gouvernement, à gérer les intérêts de son nabab, sans oublier les plaisirs de la table, et les autres : il eut cinq enfants naturels. Il mourut le 15 février 1796, âgé de soixante ans environ. Sa sépulture se trouve dans l’Abbaye de Westminster, non loin du Coin des Poètes.

Nous avons vu par quelles publications successives s'était constitué l’Ossian de Macpherson ; il convient. de le considérer dans son ensemble, et d’abord d’analyser brièvement chacun des poèmes ou morceaux qui le composent. Les Fragments de 1760 se trouvaient incorporés, sauf quelques morceaux, dans le recueil de 1761 qui comprenait Fingal et 16 autres poèmes. La publication de Temora et de 5 autres poèmes acheva de constituer l’Ossian de Macpherson, composé de 2 « épopées » et de 20 poèmes moindres, considéré comme authentique par beaucoup de ceux qui n’admettaient pas les imitations qui en furent données dans la suite, et réimprimé un grand nombre de fois. C’est l'édition définitive de 1773 qui est la base de toutes ces reproductions : elle représente le canon ossianique. On retrouve ce texte, notamment, dans l'édition de la collection des British Authors de Tauchmitz. C'est à cette édition courante que

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se font d'ordinaire les références lorsqu'on cite le texte de Macpherson.

Voici un bref sommaire de chacun des 22 poèmes qui forment l’Ossian de Macpherson :

1. Cath-Loda, en trois Duans (chants). — Retrace une des aventures de la Jeunesse de Fingal, sa guerre victorieuse contre le cruel Starno. Le récit est interrompu par trois épisodes. Loda est une sorte d’Esprit des tempêtes.

2. Comala, poème dramatique. — C'est un dialogue dont les personnages sont Fingal, le perfide Hidallan, la belle Comala qui aime Fingal, et deux autres jeunes filles, Melilcoma et Dersagrena, avec un chœur formé de plusieurs bardes. Hidallan désespère Comala en lui annonçant faussement la mort de Fingal ; celui-ci revient victorieux, et Comala meurt de joie.

3. Carric-Thura. — Le poème s'ouvre par le Haine lyrique de Shilric et Vinvela, que chantent les bardes de Fingal,et qui avait fait sensation parmi les premiers Fragments. Il continue par un des rares morceaux de son Ossian où Macpherson ait. fait une place au surnaturel, le combat de Fingalet de l'Esprit de Loda. Fingal est vainqueur de Frothal, mais avec sa grandeur d’âme habituelle il l'épargne, par pitié pour Utha, amante de ce chef, et entre en vainqueur dans Carric-Thura. Le barde Ullin chante l'épisode, en partie dialogué, de Connal et Crimora.

4. Carthon. — L’un des plus célèbres des petits poèmes, Clessammor, un des anciens compagnons de Fingal, se trouve dans une bataille en face d’un jeune guerrier, Carthon, qui n’est autre que son fils. Le père et le fils combattent sans se reconnaître ; en mourant, Carthon révèle son nom, et Clessammor expire de douleur. Le poème se termine par la fameuse apostrophe au soleil.

5. Oina-Morul. — Ossian raconte que, lors d’une expédition en Scandinavie, le roi, qu’il délivrait d’un dangereux oppresseur, lui offrit en récompense la main de sa fille Oina- Morul, mais qu’il a préféré la laisser généreusement au chef ennemi qu'elle aimait.

6 Colna-Dona.— Ossian et Toscar étant allés jadis élever un monument sur l'emplacement d’une victoire de Fin- . gal, Toscar tomba amoureux de Colna-Dona, fille du roi Carul.

7. Oithona. — Cette jeune fille, fiancée au héros fingalien Gaul, a été enlevée par le cruel Dunrommath. Gaul immole le ravisseur ; mais un de ses traits perce Oithona qui s'était déguisée en guerrier pour le suivre.

8. Croma. — Ossian raconte à Malvina comment il délivra Croma, ville d’Erin, des ennemis qui avaient assiégé le vieux roi, tué ses fils et défait leur armée.

9. Calthon et Colmal. — Ossian raconte à un cu/dée, ou solitaire chrétien, comment, le barbare Duntalmo retenant prisonniers Calthon et Colmar, les deux fils d'un roi tué par lui, Cslthon fut délivré par Colmal, fille du tyran, déguisée en guerrier.Son frère Colmar est immolé sous les yeux de l’armée de Fingal et d’'Ossian, venus pour le délivrer ; Duntalmo est vaincu et tué.

10. La Guerre de Caros. — Caros est, dit Macpherson, l’usurpateur romain Carausius. Ce poème compliqué, où les fantômes et les apparitions tiennent une grande place, montre Caros attaqué et défait par Oscar.

11. Cathlin de Clutha. — Ce Cathlin, qui vient implorer l'appui de Fingal contre Duth-Carmor, meurtrier de son père et envahisseur de son pays, n’est pas, comme on le croyait, le fils, mais la fille du roi défunt ; enlevée par Duth-Carmor, elle a pris pour lui échapper des vêtements de guerrier.

12. Sulmalla de Lumon. — Sulmalla, fille du roi de Lumon, reçoit Ossian et Oscar dans son palais, et échange avec Ossian des souvenirs au sujet des expéditions héroïques de Fingal et de Cathmor.

43. La querre d'Inis-Thona. — Au début et à la fin du poème, Ossian évoque les gloires passées et les murs de Selma. Le reste est consacré aux exploits d'Oscar, fils d’Ossian, qui alla porter secours à Anir, roi d’Inis-Thona ; à ses entretiens avec ce chef; aux souvenirs que ce dernier évoque.

1%. Les Chants de Selma. — Macpherson donne ce poème pour presque entièrement lyrique. Aucune partie de son Ossian ne fut plus célèbre. Le poème s’ouvre par l’apostrophe à l'étoile du soir. Puis Ossian évoque les fêtes de Selma, résidence de Fingal, où, groupés autour du chef, les bardes disputaient le prix du chant ; il va rappeler

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quelques-uns des poèmes qu’on y entendait. Trois morceaux,enchâssés dans quelques développements généraux : 1° Minona redit les plaintes de Colma qui, après une nuit d’angoisse sur des rochers déserts, retrouve morts son frère et son amant ; 2° Ossian et Ullin redisent le dialogue de Ryno et d’Alpin où celui-ci pleure son fils Morar ; 3° Armin, à ce propos, rappelle en gémissant la mort de son fils Arindal et de sa fille Daura : l’un transpercé par l’amant de sa sœur qui le prenait pour le brutal ravisseur Erath, et qui après cette funeste méprise est englouti par les flots ; l'autre morte peu après de fatigue et de douleur.

15. Fingal, ancien poème épique, en six chants. — Le héros est Fingal, roi de Morven, à l'ouest de l'Écosse ;. le lieu, la côte nord de l'Ulster, en Irlande; l’action dure cinq Jours et cinq nuits. En voici le résumé : — I. On se trouve d’abord dans le camp de Cuthullin, roi d’Ulster, attaqué par Swaran, chef de Lochlin ou des Scandinaves. Le récit de la lutte est coupé de deux épisodes extrêmement romanesques, celui de Ducomar et Morna, celui de Grudar et Brassolis. Il est embelli de plus par la description du char de Cuthullin, le seul morceau de tout ce poème qui soit consacré au détail des objets matériels. — IT. L’armée de Cuthullin est mise en déroute. Episode de Ferda et Deugala, plus réaliste et plus vraisemblable que les morceaux analogues. Episode de Connal et Galbina : encore une jeune fille qui se travestit en guerrier et qui, prise pour un ennemi, est tuée par son amant. — III. Le barde Carril raconte l’histoire de Fingal sauvé des embüûches du roi Starno par l’amour d’Agandecca, fille de ce roi. Fingal et son armée débarquent ; Swaran se détourne des guerriers d’Erin vaincus pour s'opposer à la marche de Fingal. Bataille où se signale Oscar ; Fingal lui raconte l’histoire de la belle Fainasollis qu'il a jadis -arrachée à un lâche ravisseur, mais qui est morte d'un trait lancé par celui-ci. — IV. Ossian, après avoir rappelé ses amours avec Evirallin, reprend le récit des combals. Défaite partielle, puis victoire des guerriers de Fingal; exploits de Gaul et d’Oscar. — V. Fingal, qui se tient d'ordinaire loin de la mêlée, se décide à combattre corps à corps avec Swaran et le fait prisonnier. Quelques épisodes sans importance. Les restes

de l’armée de Lochlin se rembarquent en désordre. — VI. La guerre finie, on écoute les chants des bardes. Ullin raconte l’histoire de Trenmor, aïeul de Fingal, et d’un guerrier inconnu que Jrenmor reconnaît pour une jeune fille lorsque, en le défiant de la frapper, elle découvre sa poitrine. Fingal console Cuthullin qui, au fond d’une caverne, se désolait de n'avoir pas su pre à la victoire, et rentre dans Morven.

16. Lathmon. — L'action se passe au temps de la jeunesse d’Ossian. Lui et Gaul, fils de Morni, surprennent de nuit le camp des ennemis, nt mettent leur point d’honneur à ne pas profiter de leur sommeil pour les massacrer. . Combat singulier entre Lathmon et Ossian : ces deux guerriers, ainsi que Gaul, font assaut de générosité. Ce poème a attiré l’attention à cause de l’honneur raffiné que Macpherson prête ici aux héros fingaliens.

17. Dar-thula. — Dans ce poème, un des plus colorés du recueil, Macpherson était soutenu par des traditions et des ballades authentiques. Il s’ouvre par une apostrophe à la lune. Dar-thula s'enfuit avec un des fils d’Usnoth, Nathos, qu’elle aime. Maïs la tempête les pousse sur les rivages ennemis : les trois fils d'Usnoth tombent dans la bataille, et Dar-thula, qui s'était armée pour combattre avec eux, succombe également.

18. La mort de Cuthullin. — Cuthullin, roi d'Ullin, meurt jeune et victorieux. Le poème est coupé d’apostrophes et de courts morceaux chantés par le barde Carril.

19. La bataille du Lora. — Un des chefs de Fingal ayant enlevé la belle Lorma, femme d’un roi scandinave, celui-ci porte la guerre au pays de Morven ; une bataille a lieu sur les bords du Lora, torrent près de Selma. Le ravisseur, l'époux outragé et la femme infidèle meurent coup sur coup, les deux premiers de coups de lance, la troisième de douleur.

20. Temora, ancien poème épique, en huit chants. — Il a pour sujet la guerre que Fingal porte en Irlande pour détrôner l’usurpateur Caïrbar, meurtrier du roi Cormac. Temora est la résidence des rois d'Irlande. Le détail du poème est compliqué : aussi des tableaux généalogiques et des cartes l’accompagnent-ils dans plusieurs éditions. —

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L. Caïrbar invite Oscar à une fête dans son palais, etl’attaque en traître. Tous deux périssent, L’armée de Fingal met en déroute les soldats d’Erin. — II. Cathmor, frère de Caïrbar, aussi vertueux que celui-ci était scélérat, le remplace dans le commandement. Un barde raconte l’histoire de Crothar et de la belle Collama. Cathmor et Ossian causent amica-

lement. Apostrophe au soleil. — III. Bataille entre l’armée

de Cathmor et celle de Fingal commandée par Gaulet Fillan, Une fête a lieu après le combat ; on pleure la mort de Connal. — IV. Fingal raconte ses amours et son mariage avec Roscrana. Un peu après se place l’épisode de Sulmalla, qui sous l’armure d’un guerrier vient suivre les armes de Cathmor. Le reste du chant est occupé par la querelle de deux chefs et l’apparition du fantôme de Caïrbar. — V, Grande bataille entre les deux armées ; celle de Fingal, commandée par Fillan, l’un deses fils, met en fuite les troupes de Cathmor. — VI.Ossian et Fillan recommencent le combat. Fillan est tué ; suspension d'armes. — VII. Le jour suivant, préparatifs de combat. Description du bouclier de Cathmor ; ce dernier envoie Sulmalla au loin et réunit ses bardes pour entendre leurs chants. — VIII. Bataille générale. Combat singulier de Fingal et de Cathmor : celui-ci est blessé à mort. Fingal renonce aux combats, remet sa lance à Ossian, et rétablit l’héritier légitime de Cormac.

21. Conlath et Cuthona. — Ce poème est dramatique, bien que Macpherson ne le marque pas expressément : les faits sont rapportés d’une manière obscure, à travers les exclamations successives des personnages, ou plutôt de leurs ombres, qui apparaissent à Ossian. Toscar ayant enlevé Cuthona, aimée de Conlath dont il était l'hôte, est rejoint par l’amant outragé ; dans un terrible combat singulier ils périssent tous deux. Cuthona meurt de douleur, et, Conlath n’ayant pas été chanté par les bardes, son ombre vient effrayer les vivants.

22. Berrathon. — Ge poème aurait été le dernier composé par Ossian. Le barde commence par pleurer la mort de Malvina ; puis il raconte au fils d’Alpin l’aventure de guerre et d'amour qui s’est déroulée à Berrathon. Nina, bien que délaissée par son amant Uthal, meurt de douleur en apprenant qu’il a été vaincu et tué par Ossian et Tos-

car. Le barde, plus mélancolique que jamais, termine en prophétisant sa mort prochaine : il ira rejoindre dans les nuages les ombres glorieuses de Ryno, d’Oscar et de Fingal.

Dès que le succès de l’Ossian de Macpherson se fut affirmé et parut durable, on vit surgir de plusieurs côtés, pendant le dernier quart du siècle, des publications analogues, qui se donnaient également pour empruntées à des sources authentiques écossaises. Il est très difficile de tracer une ligne de démarcation absolument nette entre ces épigones de Macpherson et les éditeurs de ballades ou récits authentiques dont il sera parlé tout à l'heure : car dans les premiers il y a une part plus ou moins grande de traditions réelles, et les seconds n’ont pas craint de faire appel à leur imagination pour orner et grossir leurs trouvailles. Voici les principaux de ces imitateurs, à qui M. Stern donne assez heureusement le nom d’Ossianides ‘.

Le premier est John Clark, qui mettait sur le compte de vagues « bardes calédoniens » ses propres exercices littéraires *, Ce sont, d'après le même critique, « de fades imitations, qui dépassent encore Macpherson en sentimentalité pleurarde, et qui ne peuvent tromper quiconque n'est pas dépourvu de jugement * ». Le premier de ces poèmes, Morbudh, a reçu en 1786 les honneurs d’un texte gaélique dû à Gillie ; c'était l'époque où l’on réclamait de toutes parts les originaux de la poésie ossianique. Ge texte, composé de 763 vers non rimés, a été publié en 1821, et l'examen auquel les celtisants l’ont soumis confirme la fraude indiscu-

table de Clark.

1. Stern, p. 69-70. Je lui emprunte une partie des détails qui suivent, en le complétant par l’ancien travail de Gurlitt, Ueber Ossian, 1802, et par B. Saunders ; mais ce dernier brouille l’authentique et l’apocryphe, de manière que son exposé complique encore une question déjà assez obscure.

2. The Works of the Caledonian Bards, {ranslated from the galic.Londres, 1778, in-8. Une traduction allemande parut dès 1779, in-8.

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