‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 19 sur 512 · Par : « The history of those nations · texte numérisé non relu

Par : « The history of those nations

5. Temora... (comme dans l’éd. de Londres). Dublin, Leathly et Wilson, 1763, in-12.

L'ensemble des Œuvres d’'Ossian fut publié en deux volumes en 1765 ‘. On retrouvait dans cette édition, qui se donne pour la troisième, avec les deux « poèmes épiques » et 21 poèmes moindres, les deux Dissertations de Macpherson qui avaient été remaniées plus ou moins profondément, le spécimen de l'original de Temora, et la Dissertation critique de Blair, dont il a été question plus haut. Pour répondre à certaines hésitations et à certaines objections qui avaient pu se faire jour pendant ces deux années, Blair y avait joint un Appendice où, en vue de justifier Macpherson de tout soupçon de fraude, il racontait l’histoire de la vocation de ce dernier, de ses premières traductions, de ses explorations. La « quatrième édition » (1773)? s’ouvrait par une nouvelle Préface de Macpherson, assez courte et peu importante *, consacrée surtout à marquer son mépris pour les préjugés anti-écossais qui, dit-il, nuisaient au succès de ses publications, et à plaider pour la forme de prose rythmée qu’il avait choisie. Il se flattait aussi d’avoir amélioré son style, en raison des progrès que son talent avait pu faire en douze années. Cette Préface a reparu en tête de toutes les éditions ultérieures d’Ossian jusqu’à nos jours. Le texte des 22 poèmes * avait été revu pour cette édition et corrigé avec beaucoup de soin. C’était, d’après la Préface, etc’est resté en effet le texte définitif de l’Ossian macphersonien. De plus, l’ordre avait été profondément modifié, de manière à observer une certaine chronologie dans le récit des événements, et à présenter ainsi au lecteur « une histoire régulière » de l'époque d’Ossian. Les nombreuses éditions qui suivirent celle-là n’en sont que des réimpressions ; leur nombre atteste quel succès continuait à avoir Ossian dans les pays de langue anglaise ; la variété

1. The Works of Ossian, the son of Fingal. In two volumes. Translated from the Galic Language by James Macpherson. Third edition. Londres, T. Becket et P. A. de Hondt, 1765, 2 vol. in-8.

2. The Works of Ossian, the son of Fingal... Fourth edition. Londres, 1773, 2 vol. in-8.

3. Celle qui commence par : « Without increasing his genius... » et qui finit par: « … incapable of expressing its beauties. » Elle est datée du 15 août 1773.

4. Le morceau Temora, qui faisait double emploi avec le premier chant de Temora, poème épique, et qui donnait le nombre de 23 poèmes, se retrouve encore dans l'édition anglaise de Paris, 1783.

de leurs formats, à quels publics divers s’adressaient ces éditions ; et le passage progressif de l’in-quarto primitif aux formats de keepsake au cours du xix° siècle prouve que de plus en plus on aimait à posséder son Ossian de poche, à l’emporter avec soi dans un format commode et élégant. Il faut seulement faire une mention particulière de l’édition de 1797 *, parce qu’elle donnait en outre, à la fin du second volume, un morceau de lord Kaimes intitulé Observations critiques sur les Poèmes d’Ossian *, sorte de plaidoyer pour l’authenticité.

Macpherson était célèbre ; il devenait riche ; il commençait à déployer une insolence hautaine, à afficher un certain cynisme dans ses opinions et dans ses mœurs. La suite de sa carrière, si elle est intéressante à connaître pour qui veut comprendre et juger l’auteur d'Ossian, n’intéresse plus directement notre sujet. Nommé secrétaire du gouverneur de la Floride, il passe trois ans en Amérique (1763-1766), puis se fait publiciste au service du gouvernement. Il poursuit longtemps, et avec succès, une fructueuse carrière de journaliste et de pamphlétaire. D’autre part, il marque son intérêt pour les antiquités celtiques en composant son Introduction à l'Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande (1771), panégyrique de la race celtique, sans valeur scientifique d’ailleurs, mais qui fut appréciée par Hume et citée par Gibbon. Le succès de Fingal et de Temora engagea quelques admirateurs du style ossianique à lui demander de traduire Homère dans le même système de prose poétique. Encouragé par Blair, il donna l'Iliade en 1773. Son « Homère en tartan et en jupon * » succomba immédiatement sous le ridicule. Il reçut aussi la mission de continuer, dans le sens tory, l'Histoire d'Angleterre de Hume (1775).

Chargé par le nabab d’Arcot de défendre à Londres ses intérêts contre la Compagnie des Indes, Macpherson gagna une grosse fortune par les services qu’il rendit au potentat indou. Pour récompenser le défenseur souvent éloquent

1. The Poems of Ossian, a new edition; translated bÿ James Macpherson, esq. Edimbourg, 1797, 2 vol. in-12.

2. II, p. 285-314 : Crilical Observations on the Poems of Ossian, by Lord Kaimes.

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