‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 210 sur 512 · Almanach des Muses · texte numérisé non relu

Almanach des Muses

2. Princesse de Salm, Œuvres, Il, 107-113 : Cantate sur le mariage de l'Empereur Napoléon avec l’Archiduchesse Marie-Louise, 1810.

3. Le Chant d’'Ossian, cantate, paroles d’Arnault, musique de Méhu]

(1811) ; se retrouve dans Hommages Poëtiques,l, 14 ; dans L’Hymen et la Naissance, p.193 ; dans le Mercure, XLVIII, 49 (13 juillet 1811).

Prends ta harpe, Ossian, père de l’harmonie | Invente de nouveaux accords !

Jamais bonheur plus grand n’excita nos transports !

Jamais sujet plus beau n’enflamma ton génie |

Au barde qui lui annonce que, « la couche royale est féconde », Ossian répond, assez peu ossianiquement :

Ma harpe a prévenu ma voix :

De ses flancs que Zéphyr caresse S'exhale déjà l’allégresse

Qui va redoubler sous mes doigts.

Cette harpe, bonne sujette, chantait déjà toute seule. Puis il aperçoit « sur les nuages entassés » au haut des cieux « les héros des siècles passés ». En effet, le « Chœur des ombres héroïques » salue l’enfant qui incarne l'espoir de la France.

Mais deux recueils concentrent presque tout l’ossianisme officiel de l’époque. Le premier est celui de Lucet et Eckard, les Hommages Poétiques ‘. Dans leur préface, les éditeurs disent avoir reçu 1263 pièces en dix langues différentes. La plupart de ces pièces, sans doute, sont de goût classique : Ossian ne peut que se faire sa petite place dans un coin de l’empire poétique que régit encore la tradition gréco-romaine. Il y a même ici un regain d’antiquité : une ode saphique latine est traduite en strophes saphiques grecques. Parfois, assez rarement, c’est l'inspiration biblique. Il y a une ode bardique allemande envoyée par Bielfeld, le chantre de Thuiskon, et où respire, dit l’auteur, eën germanischer Biedersinn. On ne sait à qui donner la parole pour saluer Napoléon : on fait se réveiller du dernier sommeil Charlemagne, Guillaume le Conquérant, un invalide de Fontenoy. Tous les siècles, toutes les nations fraternisent et font assaut d’adulation. Voici enfin le cortège des Bardes qui paraît à l’horizon :

Troubadours, Bardes Celtiques, Montez ici votre luth !

1. Hommages Poétiques à Leurs Majestés impériales et royales sur la naissance du Roi de Rome, 1811.

Poésie ossianique de circonstance 451

dit M'° Clarisse Hourcastremé, de Dieppe, âgée de 14 ans t, L’aimable enfant n’est que de fort peu la plus jeune: Doré de Nion, âgé de 16 ans, et Léonard Guibert, qui n'a que 45 ans et demi, la suivent de près. Fleuriais, qui appelle les bardes « saints ministres des Dieux » ; Ch. Laserve, qui apostrophe ceux des Gaulois :

Premiers chantres français ! Salut, Bardes antiques !

Ménégant, l'ingénieur en chef, chez qui les Bardes voisinent avec Alcide et l’Aonie ; d’autres encore exploitent plus ou moins franchement le domaine nouveau qu’Ossian a ouvert à la poésie française.Parmi les 279 pièces du recueil,les odes, les cantates, les poèmes, les stances se prêtent particulièrement à ce rôle. Professeurs, régents, maîtres d’étude, procureurs impériaux, préfets, conseillers de préfecture, employés aux Droits-Réunis, receveurs de l'enregistrement, avocats, séminaristes, curés, pasteurs, anciens mousquetaires, tailleurs, tapissiers, imprimeurs des écuries, employés aux postes, dames de la Halle, dames du monde, combien d’entre tous ces auteurs, dont la plupart sont novices, frottent leur enthousiasme d’un peu d’ossianisme ! Citons seulement le Chant Héroïque de Parseval *, très biblique d'inspiration, et qui finit en montrant l’ « auguste enfant »

Qui rêvant d'Ossian les nébuleux royaumes A cru de ses aïeux voir les pâles fantômes

et le Dithyrambe maçonnique de Dupaty *. Ce frane-maçon est éclectique : il évoque David, Pindare, Virgile et Ossian :

Que ta harpe, Ossian, sur tes rocs nébuleux,

Pour rendre au Roi guerrier de belliqueux hommages, Ranimant de Fingal les accents fabuleux,

Cherche, au sein des vapeurs, d’héroïques images!

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