‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 233 sur 512 · Journal des Muses, 1797, V · texte numérisé non relu

Journal des Muses, 1797, V

Sa période ossianique 481

partir de ce moment, Baour a dû se consacrer tout à fait à son Ossian. On trouve ainsi les cing ans dont il parle en 1801.

Après les Trois Mots, c’est-à-dire probablement au début de 1800,une admiratrice le presse de se consacrer à Ossian :

Quittez le fouet de la satire Pour la harpe de Malvina *.

Il lui répond par une promesse qui semble faire allusion à un travail déjà avancé :

Ossian et ses fêtes Ses rocs neigeux, ses bondissantes eaux, Ses fantômes et ses tempêtes Vont revivre dans mes tableaux *..

C'est vers ce moment qu’il commence à se croire l’homme d’Ossian. Il tient à dire son mot sur les traductions de ses prédécesseurs, qui ne trouvent point grâce à ses yeux. Nous l’avons déjà vu louer Fontanes et blâmer Chénier ; il faut peut-être voir dans ces jugements moins une opinion sincère que le reflet de ses sympathies ou de ses inimitiés : nous savons qu'il est l'ennemi de Chénier et des survivants du xvur siècle, tandis qu’il n’a que des sourires pour le parti bien pensant à tous égards auquel appartient Fontanes, et qui tourne les yeux vers le soleil levant. Généralisant ses observations, il conclut au sujet de ces imitateurs d’Ossian :

Les uns se sont astreints à conserver toutes ses formes, sant conserver sa physionomie : les autres,dénaturant son style, ons substitué un burin trop élégant à ses crayons larges et ténébreux. Plusieurs enfin se sont bornés à rimer péniblement la prose harmonieuse de Le Tourneur. Presque tous ont manqué

1. Comtesse d’Hautpoul, Poësies Diverses, p 110 : Epître à M. Baour- Lormian sur son ouvrage intitulé : Mes Trois Mots.

2. Baour-Lormian, Recueil de Poésies diverses, p. 25 : Réponse à l’Epitre sur les Trois Mots par Me d'Hautpoul.

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