Lamartine, Confidences, livre VI, xr
2. Baour-Lormian, Recueil de Poésies diverses, 1803, p. 12 : Epilre à mes yeux.
MA
encore étendu à Ossian le culte intéressé de Napoléon. Entre la première et la seconde édition de Hill paraît son premier essai: Toscar et Darthula *, emprunté peut-être au chant IV de Fingal, mais dont les détails sont imventés, de même que le rapprochement de ces deux noms ossianiques est entièrement du fait de Baour. Celui-ci n’a pas admis Toscar et Darthula dans son recueil définitif, parce qu’il n’y a vu qu'une imitation trop libre. Ce court poème (une soixantaine d’alexandrins) présente peu de sens, ainsi isolé ; la couleur en est classique, mais le paysage ossianique entrevu donne un singulier charme à des vers qui ne sont pas dépourvus d’une harmonie chantante :
Assis au haut des monts sur la mousse sauvage, Seul, je prête l’oreille au murmure des vents; Le chêne se balance, et le bruit des torrents Fait retentir au loin les échos du rivage...
Est-ce toi, Darthula, qu’aperçoivent mes yeux S’avancer d’un pas lent à travers la bruyère ?
Tu soupires, des pleurs humectent ta paupière, Et tes mornes regards se tournent vers les cieux.
L'année suivante voyait paraître l’Jymne au Soleil ?, qui
figure dans l’Ossian de Baour-Lormian. Quand il reparaît
deux ans plus tard *, la Décade en parle comme d’une nouveauté *. En 1797 également, Baour donne un Chant funèbre sur la mort du général Hoche *, qui est nettement ossianique. C’est une sorte de cantate où figurent, entre autres, un Barde et un Chœur de Bardes. À côté de la harpe désolée et du palais mobile des vents, 11 y a là tout une pacotille classique : « Sœur auguste de Mars, à terrible Bellone ! »s’écrie le Barde;et des Parques, et des lauriers, et des cyprès, et des cèdres du Liban; troisième inspiration, biblique celle-là. C’est une cacophonie poétique. A