Stern, p
de patience et de compétence, ce que Macpherson avait
fait superficiellement au cours de ses voyages dans les
Hautes-Terres : d'interroger, d'écouter, de recueillir le plus possible de légendes populaires, de contes, de ballades, portänt un caractère ossianique, et de publier avec la plus scrupuleuse exactitude les résultats de ces enquêtes. Si l’une et l’autre recherche avaient été conduites, avec les procédés modernes de critique minutieuse, avant le soulèvement de 1745, nul doute qu’elles n'eussent abouti à des résultats remarquables.Entrepriseslongtemps après la guerre faite à la culture et à la langue gaélique, en plein xix° siècle, dans une Ecosse très modernisée, elles réussirent cependant mieux qu'on n’aurait osé l’espérer ; et l’on a pu dire que « la littérature gaélique du moyen âge est maintenant accessible à tous *. »
La publication des manuscrits authentiques avait commencé dès la fin du xvin° siècle; commencé, ou mieux continué, car on a vu les essais modestes des prémacphersoniens Mac-Donald, Stone et Pope. En 1789, miss Brooke ? publiait, texte et traduction, des poèmes irlandais de date récente, dont six au moins se rapportaient aux légendes ossianiques.
L’édition de 1807 contenait, nous l’avons vu, à la fin du tome III, une notice sur des manuscrits celtiques qui n’est pas sans valeur. Mais un pas décisif fut franchi par la fondation de la Société Ossianique de Dublin, qui publia de 1854 à 1861 six volumes de Mémoires contenant une vingtaine de textes inédits * du cycle ossianique. Là, parmi les batailles, les poursuites, les chasses, se retrouvent les noms de Dermid, Graïna, Cormac, et des thèmes essentiellement macphersoniens comme la Lamentation d’Oisin après la disparition des Fenians. Vers la même époque, Drummond ‘ paraphrasait d'anciens chants de ménestrels irlandais, en vers, il est vrai, médiocrement exacts *, Dans