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que nous allons rencontrer, ils auraient alors été repris par le texte de 1807.
Quel était au milieu de ses collaborateurs le rôle de James Macpherson ? Nous le savons par de nombreux témoignages. Il discutait volontiers de l’authenticité de tel ou tel poème, tranchait de l’aristarque, admettant tel morceau, repoussant tel autre, sans autre critérium à alléguer que son goût personnel, ou des raisons internes dépourvues de valeur scientifique. Comment a-t-il pu, avec les documents accumulés autour de lui et les interprètes dévoués qui les lui expliquaient, comment a-t-il osé ne pas en tirer meilleur parti? Devant le mépris systématique dans lequel il laissait leur travail, comment n'’ont-ils pas protesté ? Etaient-ils de connivence ? La chose est possible au moins pour l’un d’eux. Se sont-ils faits du moins complices par faiblesse, par respect humain, par amour-propre, lorsqu'ils se sont aperçus que l'affaire était lancée et qu’il était trop tard pour reculer ? Que veut dire cette déclaration faite plusieurs fois par eux devant la Commission d'enquête, que Macpherson avait avec leur concours refondu, rassemblé, recousu les ballades originales en des poèmes nouveaux, puisque nous savons maintenant qu'aucune partie de son Ossian ne reproduit aucune partie des poèmes authentiques que nous connaissons ? Il faut croire que les mots n’avaient pas pour eux la même valeur que pour nous, et qu’ils appelaient simplement recoudre ce que nous appellerions tisser. Tout ce qui s'est passé, en cet automne de 1760, dans le mystérieux laboratoire de Ruthven, demeure malgré tout enveloppé d’épaisses ténèbres.
C’est néanmoins à cette période qu'il faut faire remonter, je crois, pour arriver à une solution satisfaisante d’une des plus grosses difficultés du problème, la rédaction des « originaux » publiés en 1807. Si l’on n’admet pas qu'ils sont en général antérieurs au texte anglais de Macpherson, on se trouve pris dans d’inextricables contradictions.
Dans quel rapport est le texte de 1807 avec les poèmes authentiques d’une part, et avec l’anglais de Macpherson d’autre part ? Les celtisants vont nous l’apprendre. Ils ont deux moyens principaux de tirer au clair la valeur de ce texte, Premièrement, ils en rapprochent tous les textes
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et DL RS URSS
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authentiques aujourd’hui connus qui ont les mêmes sujets ;
ils cherchent si dans ce grand nombre de morceaux de tous genres, il en est qui soient pareils, même avec quelques différences de forme et d’expression, à des morceaux du texte de 1807. Or, le résultat de cette enquête minutieuse, à laquelle se sont livrés plusieurs savants, est absolument désastreux pour l’authenticité. Il n’y a pas un vers du texte de 1807 qui corresponde, d’après eux, à un vers quelconque d’un manuscrit. Si : il y en a un; encore l'identité est-elle douteuse. Si cette enquête a été bien faite et sans parti pris hypercritique, comme il n’y a pas de raison d’en douter, il faut admettre, ou bien que les poèmes dont le texte de 1807 est donné pour une simple transcription ont tous péri dans l’espace d’un siècle, ce qui est peu probable (mais non absolument impossible) ; ou bien que ce texte est une composition moderne. Que cette deuxième hypothèse soit la vraie, c'est ce que la seconde méthode employée par les celtisants permet d’affirmer sans conteste. Ils ont étudié de près la langue du texte gaélique de 1807 ; ils sont arrivés à établir que la rédaction en est moderne, et due à la plume de personnes qui écrivaient l’anglais plus souvent et plus correctement que le gaélique. Ils y relèvent à chaque instant des fautes de grammaire, des impropriétés, des constructions contraires au génie de la langue, des anglicismes. Il n’y a, disent-ils, aucun rapport entre cette langue bâtarde et celle des ballades, des poèmes, des contes, celle même qui vit aujourd’hui sur les lèvres des paysans des îles et des montagnes. Ces « originaux », dit un des savants qui les ont le mieux étudiés à ce point de vue ‘, sont une curieuse et laborieuse mosaïque, dans laquelle des phrases ou des parties de phrase de poèmes authentiques sont cimentées dans la pâte très inférieure fournie par des modernes. Ceux-ci ont confectionné un volumineux thème gaélique auquel les juges compétents n’accordent qu’une note médiocre.
Mais qui sont ces modernes, et à quelle époque se place leur travail ? L'opinion vulgaire considère le texte de 1807 comme purement et simplement retraduit sur l’anglais de Macpherson. Il serait l’œuvre des commissaires de la