Le Déist de Botidoux, Des Celtes
4. H. Terrasson, L'Enfer, suivi de... poésies diverses, 1817.
Limites du succès d'Ossian 823
à ses poèmes, même à propos de M*° de Staël ', Rien d’ossianique dans Les Druides de Vérand *, ni dans l’article d'Augustin Thierry sur la poésie nationale irlandaise *, ni dans celui du baron d’Eckstein sur les bardes ‘, ni dans telle ballade écossaise, ni dans tel mélodrame d'apparence
calédonienne *.
Ceux des poètes qui puisent leurs inspirations à des sources étrangères ne sont pas tous tributaires d’Ossian. En dehors de Byron et de Scott, on imite Gray, Young, Hervey,comme Faber ”, Dusaulchoy *, Philpin®. Halévy “, qui imite ou traduit vingt poètes étrangers différents, n’a pas de place pour Ossian dans cette riche collection, pas plus que pour Byron d’ailleurs. On continue à imiter Gessner, comme Dusausoir ‘* ou Dusaulchoy ; on descend jusqu’à
. Schiller comme les mêmes et comme Pévrieu, un méri-
dional germanophile qui traduit aussi Klopstock, Bürger
et Gœthe ‘*; on remonte jusqu’à l’Edda ou aux poésies groën-
landaises “* ; on côtoie Ossian, on lui emprunte vignettes ou
frontispices, comme Polonius, dont le recueil ‘, d’ailleurs fort intéressant, ne lui doit rien au fond. Mais il reste, sinon inconnu — à cette date ce serait invraisemblable — du moins peu utile à un bon nombre de poètes,les plus médiocres il est vrai ou les plus timides. Il n’est pas toujours allégué non plus comme argument ou comme exemple dans la polémique des classiques et des romantiques. Jay ‘, Brifaut", Etienne", Artaud ‘,le passent sous silence. Un autre, passant
1. Cyprien Desmarais, Essai sur les Classiques et les Romantiques, 1824. 2. Vérand, Les Druides, tragédie, 1823.