Œuvres de Walter Scott : L’Antiquaire, p
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et amusante discussion sur l’authenticité d'Ossian. Le vieil Oldbuck n’y croit pas ; son neveu le capitaine Mac-Intyre en est l’ardent défenseur. Pour convaincre son oncle, il lui récite dans le texte gaélique le poème bien connu de La Chasse de Fingal, tel que le récitait le barde Mac-Alpin. Oldbuck lui fait placidement observer qu’il n’y a pas un mot de cela dans Macpherson.
Il est probable que le succès de Scott contribua d’autre part à repousser Ossian dans l’oubli. Augustin Thierry, voulant montrer l'intérêt de l’histoire de l’Ecosse, s’appuie constamment sur Walter Scott et ne dit pas un mot d'Ossian . Un roman gallois ou breton, qui se passe dans l’île de Mona, et qui s'intitule Le Barde *?, imite d'assez près Scott et ignore Ossian. Il est vrai que le héros de cet ouvrage plus que médiocre est un barde chrétien, et que sa harpe est celle de David. Les témoignages du succès, de l'estime, de l’amour qu’on porte à l’auteur d’Zvanhoe abondent au moment de sa mort et dans la période qui suit ; ces témoignages signés de noms autorisés, Lacretelle, Mézières, Eugène Sue, sont muets sur Ossian : l’Ecosse n’est plus pour eux que la terre de Walter Scott.
Malgré tant de circonstances favorables, Ossian ne s’impose pas complètement ; et, pas plus au temps du romantisme qu’à l’heure de sa plus grande vogue sous Napoléon, il n’est un des maîtres incontestés qui se représentent inévitablement à l’esprit en certaines occurrences. Les uns, comme Botidoux ‘ou Terrasson ‘, parlent longuement des Celtes,avec ou sans mélange de Scandinaves, et ne pensent pas à s’appuyer sur le témoignage d'Ossian. Cyprien Desmarais trouve moyen de parler pendant 150 pages du genre romantique et de ses origines,sans nommer Ossian et sans faire allusion
1. Armand Carrel, Résumé de l’histoire de l’Ecosse, 1825 : Introduction, par Augustin Thierry.