Avertissement précédant le numéro d’octobre
D La A 1 OO Ce EL 'SIAES DRE SP PS Es PT 2, 19 RAS TR AN À CEx: + Lcd no & f
Le Journal Étranger 105
Celui-ci doit avoir conservé en 1760 le plus grand nombre des 1518 souscripteurs dont il donnait la liste en 1755; il faut ajouter les exemplaires déposés dans les librairies, et qui étaient susceptibles d’un certain débit. Remarquons en passant que beaucoup d'abonnés du Journal habitent l’étranger. Il paraît tous les mois, mais avec des retards considétables, dont le rédacteur principal s'excuse, et que la date de l’approbation de chaque numéro permet de connaître exactement. Pour l’année 1762 par exemple, ce retard va de deux à sept mois: le numéro marqué août 1769 est approuvé par le censeur royal à la date du 11 février 1763, et celui de septembre 1762 ne reçoit l’estampille officielle que le 31 mars 1763. Cette remarque nous permettra de ne pas confondre la date de l'apparition des numéros avec celle de leur titre, et d’expliquer certaines impossibilités apparentes.
L’abbé François Arnaud * était un Provençal de belle et noble figure, prompt à l’enthousiasme, musicien ardent et expert, éloquent dans sa conversation, et qu'on eût pris, à en croire Diderot, pour un sage de l’antiquité à la noblesse de son attitude et à la beauté de ses discours. Arrivé à Paris en 1752, il s’y était surtout occupé de musique, prenant une part active aux querelles musicales du temps, d’ailleurs curieux aussi de littérature ancienne et moderne, aimant le beau et l'original sous toutes leurs formes, esprit libre, ouvert à tout, et plein d'imagination. Cet homme intelligent, qui a beaucoup écrit, n’a jamais su faire un livre: il devait y avoir en lui quelque chose de Diderot. Il fut plus tard de l’Académie Française. Dans le Journal Etranger, il a surtout traduit de la littérature italienne. C’est lui qui dirigeait le Journal quand les premiers morceaux d’Ossian y firent leur apparition: on peut donc dire qu’il a été le parrain de cette poésie nouvelle.
Le Journal Etranger avait acquis bien plus d'importance et d'intérêt depuis qu’Arnaud en avait pris la direction. Du temps de Prévost (1754-1755), et même de Fréron (1755-1756), ou de Deleyre (1756-1758), malgré l’Avertis-