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Manuels d'histoire littéraire 901
tage sur le succès en France. Il ya une énormedifférenceentre
un article comme celui-là et l’étude remarquable que M. Dou-
ady a donnée à la Grande Encyclopédie, historique très
sérieux et remarquablement complet des origines des poè-
mes, de leur publication et de leur succès. Mais cet histo-
rique ne contient pas, ce semble, le reflet d’une impression personnelle.
On ne trouve pas non plus les marques d’une connaissance directe dans la plupart des ouvrages d’histoire littéraire, soit qu’ils mentionnent en passant l'influence du Barde,
soit qu'ils n'y fassent aucune allusion. On croirait difficilement que les auteurs de l'Histoire de la Littérature Française * n'ont trouvé nulle part l’occasion de signaler le succès d'Ossian. Fr. Loliée: fait l’éloge du mérite de Macpherson, et explique ainsien partie son succès, mais ne dit pas qu’une part de ces mérites ait pu survivre à la ruine de l’authenticité. Les auteurs de manuels classiques d’histoire de la littérature française, MM. Lanson, Doumic, Pellissier, Lintilhac, Herriot, Grenier, Des Granges, Abry, Audic et
Crouzet, ou ne citent pas même le nom d’Ossian, ou lui consacrent des lignes suffisantes et justes, mais qui ne laissent deviner aucun goût, aucun jugement personnel. Les
ouvrages classiques d'Histoire littéraire anglaise, d’ailleurs peu consultés aujourd’hui de la masse des non-spécialistes par suite de l’orientation nouvelle des études de langues vivantes, donnant de leur côté, et cela se comprend, peu de place à Ossian, il résulte de tout cela que l'élève, l’étudiant, le curieux n’est nulle part sollicité à connaître, si peu que ce soit,ces poèmes qui firent jadis tant de bruit dans le monde.
Du moins le Barde survit-il encore dans quelques mots français dont il a été la souche. Le mot ossianique, qui est entré dans l’usage, semble-t-il, peu après Le Tourneur, et qui a été fort employé sous l’Empire, est admis par le Dictionnaire de l’Académie en 1835 : « A la manière des poèmes de Macpherson. Style ossianique.» En 1878 l’article est re-