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certains peuples dans l’état de chasseurs, puis de pasteurs».
Dans ces peuples, ce qui l’intéresse le plus, c'est leur langage, et en particulier leur poésie. On le voit s'occuper de la théorie du langage, de la psychologie des sensations, sur laquelle les formes élémentaires de la parole apportent d’utiles lumières. Il accorde à Maupertuis que « l’étude des langues sauvages serait très utile » et que « les langues sauvages nous apprendraient mieux les premiers pas qu’a faits l’esprit humain ‘ ». Mais surtout il a un goût très vif pour les poésies primitives, antérieures et extérieures aux règles de l’art, pour celles de ces « peuples grossiers » qui mettaient en chansons leurs actions les plus mémorables *. Tels sont, continue-t-il, « les chants des sauvages de nos jours, ceux des anciens Bardes, les rimes runiques des habitants de la Scandinavie, quelques anciens cantiques insérés dans les livres historiques des Hébreux, le Chou- King des Chinois, et les romances des peuples modernes de l’Europe ». C’est même ce genre de poésie qui l’intéresse le plus.
Le numéro de septembre 1760 du Journal Etranger, qui a paru dans la seconde moitié du mois ?, s’ouvrait, sous la rubrique Angleterre, par une Lettre adressée aux Auteurs du Journal Etranger ‘, dont, on l’a su peu après, l’auteur était Turgot. Les rédacteurs du Journal ne l’ont nommé ni alors ni depuis ; mais les lecteurs des Variétés Littérares perçaient aisément cet anonymat lorsqu'ils voyaient l’auteur désigné comme « un homme de beaucoup d’esprit, qui occupe une place considérable dans l’administration, et qui donne aux sciences et aux lettres tout le temps qu'il ne doit
1. Œuvres de Turgot, 11, 107: Remarques critiques sur les Réflexions philosophiques sur l’origine des langues et la signification des mots, par M. de Maupertuis.
2. Ib., 271: Plan d’un ouvrage sur Les Progrès de L'Esprit humain.