Journal Etranger, juillet 1762,p
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des mêmes images ; mais ceux qui joignent à une âme sensible un esprit philosophique, qui aiment à observer des mœurs nouvelles et extraordinaires, à remonter à la source des arts, et à suivre les élans de l’esprit humain livré à ses propres forces, ont été frappés de cette rudesse originale qui couvre une multitude de beautés fortes, grandes et pathétiques, et ils ont regardé ces poèmes comme des monuments curieux où la poésie se montrait avec la pompe, l’énergie et la naïveté que lui donne la nature seule, privée du secours des arts et de la culture.
Il revenait à la charge deux mois plus tard, à propos de Comala :
Ce fragment ne sera pas le dernier dont nous donnerons la traduction. Nous savons... que ces poèmes singuliers ne sont pas faits pour intéresser également tous les lecteurs, mais ceux qui aiment à remonter aux sources mêmes des arts et à suivre les premiers pas de l’esprit humain dans les sociétés encore bar-
bares ont vu avec plaisir ces monuments curieux de l'enfance ë
de la poésie *.
Il y a là l’indice de quelque résistance de la part du publie. La monotonie, voilà la principale objection. C’est pour l’éviter que Suard a choisi des poèmes aussi différents que possible les uns des autres. Mais il ne peut empêcher que le lecteur ne réclame des faits plus vraisemblables et plus intéressants, des sentiments plus variés et surtout plus vrais, des peintures plus circonstanciées et plus neuves, un style plus précis et plus nerveux. Il est probable que malgré la promesse qu’il avait faite en publiant Comala, il sentit la résistance trop forte, qu' Arnaud et luicraignirent l’ennui, les protestations, la désaffection du public, et n’osèrent pas continuer la série. En tout cas, Comala n'eut pas de successeurs immédiats, non seulement dans le Journal Etranger qui cesse bientôt de paraître, mais même dans la Gazette Littéraire qui, avec les mêmes rédacteurs, continue la même œuvre. Ossian n’y reparaîtra que le 1‘ oc-
tobre 1764.
En tout cas, le jugement avait d’abord été favorable, si l'on en croit Grimm :