‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 65 sur 512 · Gazeile Litléraire, 1°* août · texte numérisé non relu

Gazeile Litléraire, 1°* août

« Carthon » et le Journal des Savants 155

C'est aussi le poème tout entier de Carthon qu’ apprécie très en détail le Journal des Savants ‘. Nous ignorons à qui est dû cet important compte-rendu. Aux yeux d'un critique sérieux comme celui-là, le plus intéressant dans un poème de cette sorte, c’est le style. Il fait sur le style ossianique à peu près les mêmes observations que Turgot, et adopte ses conclusions. Il est, comme lui, frappé de PRIOR avec le style des poèmes RENE ; c'est «la même fougue d’enthousiasme, la même RUE d’idées,la même accumulation d'images souvent sublimes, aussi souvent gigantesques, toutes prises des premiers et des plus grands objets par lesquels la nature frappe les sens ; la même fréquence dans les répétitions, la même irrégularité dans la marche ». Par « la poésie des peuples orientaux », il faut entendre d’ailleurs la Bible, tout simplement; car on ne voit pas que Turgot ou le Journal des Savants aient connaissance des poèmes arabes, persans, encore moins indiens. Et encore dans la Bible, c’est Job et les Prophètes qui sont surtout visés. Nous savons et nous comprenons aujourd’hui pourquoi Ossian ressemble tant à certaines pages de l’Ancien Testament. Mais cette ressemblance frappait encore plus un Français qu’un Anglais ou un Ecossais qui venait de fermer sa Bible et qui ouvrait son Ossian. Dans le texte anglais, les différences s’accentuent ; il y a, sans doute, de nombreuses ressemblances d’expression, d’images ; mais le style de Macpherson est trop particulier, il doit trop au xvin® siècle et trop aussi à des souvenirs, confus ou précis, d’anciennes ballades, pour pouvoir rappeler de très près le style de la Bible à celui qui est familier avec la prose simple et grandiose de la vulgate anglaise.

Le Journal des Savants adopte la théorie de Turgot sur les causes du « style oriental », théorie qu'il tient pour à peu près démontrée par l’exemple nouveau d’Ossian. Il trouve aux poèmes de ce dernier un intérêt vraiment philosophique:

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