‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 72 sur 512 · Stern, p · texte numérisé non relu

Stern, p

Il connaît d’ailleurs la Lettre de Terence Brady et y fait allusion.

On le voit, le Mémoire du Journal des Savants, s’il ne donne pas la vérité sur la question, vérité que nous croyons à peu près tenir aujourd’hui, mais qu'il était impossible de saisir avant les publications de textes ossianiques, la serre d'assez près ; il a seulement le grand tort de refuser toute origine écossaise à la légende ossianique, et par là il nuit, en l’exagérant, à la thèse qu'il soutient.

Le Mémoire fut sans doute lu avec intérêt dans quelques milieux étrangers : c'était, et de beaucoup, la plus sérieuse contribution à l'étude de la naissante question ossianique. On lui fit en Allemagne les honneurs d’une réimpression ‘ou tirage à part qui permettait une beaucoup plus grande diffusion. Mais, en France, rien n’invite à croire qu'il ait produit quelque effet. Combien étaient capables de suivre ‘une discussion aussi minutieuse que celle-là ? Plus d’un dut penser comme Suard : « Le Mémoire. est hérissé d’une érudition si épineuse, qu’il est difficile de démêler nettement la doctrine de l’auteur ‘. » Suard, bien entendu, demeure convaincu de l’authenticité : il invoque pour l’établir le témoignage du chevalier Macdonald qui, né dans les montagnes de l’Ecosse, récite « en original » quelques morceaux des poèmes qu’a traduits Macpherson, et qui « en a entendu réciter une grande partie aux habitants » de ces montagnes. Le traducteur d’Ossian a naturellement intérêt à défendre l’authenticité absolue. Mais, la même année où son opinion reparaissait dans les Variétés Litiéraires *, la traduction de l’Histoire de la Poésie du D' Brown, que nous retrouverons plus loin, donnait comme preuves de l'authenticité, entre autres, les allusions fréquentes « aux principes de la religion des anciens Celtes * »,et le combat de Fingal contre l'Esprit de Loda, dans Carric-Thura. Argument étonnant, puisqu'il n’y a pas de religion proprement dite dans Ossian, et que rien, dans le peu qu’on sait des Celtes, ne ressemble à une croyance aux Esprits ayant pris corps pour combattre les guerriers. Mais cet argument tel

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