‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 71 sur 512 · Journal des Savants, 1764, p · texte numérisé non relu

Journal des Savants, 1764, p

Ossian revendiqué par l'Irlande 165

oser rien décider. C’est à la solution de ce problème littéraire que le Mémoire est consacré.

Le vrai titre est donné ensuite : Mémoire de M. de C. à MM. les auteurs du « Journal des Savants », au sujet des poèmes de M. Macpherson. Ce M. de C. est inconnu ; M. Stern indique comme auteur possible du Mémoire un certain abbé Connery *.

C’est plus qu’un Mémoire, c’est un ouvrage complet qui se déroule dans le Journal des Savants pendant tout le reste de l’année 1764, en mai, juin, juillet, août, septembre et décembre. « Le savant irlandais, dit le Journal en manière de conclusion, nous a donné encore plus que nous ne lui demandions... Son Mémoire est devenu sous sa plume savante une espèce de Traité complet des Antiquités britanniques. » Et, après avoir donné de ces 162 colonnes inquarto un résumé fort utile, il se déclare prêt à accueillir les réponses ; mais, effrayés sans doute par cette formidable érudition, les adversaires des vues de l’Irlandais se tinrent cois ; en tout cas, le Journal n'’inséra plus rien sur la question.

Des six parties que contient le volumineux Mémoire, bourré de faits, de noms, de titres, de références de toutes sortes, les deux dernières seules intéressent la question ossianique. L'auteur a démontré, dans les quatre premières parties, que les Irlandais sont les véritables Scots, que toute poésie écossaise est en réalité irlandaise. Il continue en expliquant que Macpherson a composé librement des poèmes dans lesquels il a défiguré les noms irlandais, et qu’il ne les a attribués à son Ossian que pour appuyer la théorie de Malcolm que les Scots étaient originaires d'Écosse, et par amour-propre national ; cette raison explique qu'il s’obstine à ne se donner que pour éditeur. Il a, continue M. de C., tiré son œuvre des « romans » irlandais, postérieurs au 1x° siècle, mais dont les faits se placent au ur siècle. Pour le démontrer, M. de C. donne l’analyse du poème d'où a été tiré Fingal ; et, dans une discussion très sévère, essaie d'établir quelle a été la nature de l’emprunt de Macpherson.

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