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de la vague de spleen qui a passé sur Paris à ce momentlà, des « nombreux cas de consomption, cette sombre maladie » que l’on signale : « Plus de dix personnes connues ont succombé à cette frénésie depuis deux mois », écrit Bachaumont en 1762, et il en rend les philosophes responsables : « Ce tædium vitæ est la suite de la prétendue philosophie moderne, qui a gâté tant d’esprits trop faibles pour être vraiment philosophes‘. » Première atteinte du mal du siècle, et qui a dû donner des lecteurs à Young et à Ossian. C’est le même air de tristesse, la tristesse anglaise : « Londres a fait contracter aux lettres et aux sciences un certain air sombre et mélancolique, propre du terroir », dit Robinet la même année *, D'autre part, on fait remonter à Young un changement dans le style qui favorise singulièrement le succès d’Ossian : « Bientôt un style tout nouveau envahit tous les genres et les confondit tous. La prose admit les écarts, les hardiesses,et le langage inspiré de la poésie *. »
La vogue de Young est à peu près contemporaine de celle d'Ossian ; il est absurde de dire avec Rigault que « Young hérite décidément de la vogue d’Ossian ‘ ». Mais si son succès fut moins prolongé, il fut aussi beaucoup plus vif. L’auteur des Jours, dirigés contre les Nuits de Young, l'abbé Rémy, ignore presque certainement Ossian : on en peut juger par l’intéressante préface où il se pose en adversaire de l’anglomanie régnante et de la tristesse sépulcrale à la mode *, Clément, qui ignore Ossian, réserve à Young une place dans ses Nuits Anglaises. Dorat, qui cite côte à côte les principaux auteurs anglais à la mode, nomme Young, mais non pas Ossian‘. De même Caraccioli 7, Des gens du monde à l’âme déjà romantique le citent, en 1778, qui ne citent pas Ossian, même après Le Tourneur ‘ ; on en parle dans la société de M°° Doublet, même vers 1780, bien plus