‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 94 sur 512 · Mercure, juillet · texte numérisé non relu

Mercure, juillet

3. Introduclion à l’Hisloure du Danemark, 1755. — Monuments de la mythologie el de la poésie des Celtes, el particulièrement des anciens Scandinaves, 1756.

4. Voir notamment Année Lillerawre, 1757, LIL, 244 ; et Gazette de Litléralure des Deux-Ponts, 1777, p. 83, à propos de l’Edda de Schimmelmann.

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Scandinaves et Celtes 193

nos antiquités, insiste-t-1l, car les Français ne doivent pas oublier leur origine germanique ‘. » L’Histoire des Celtes de Pelloutier, qui datait de 1740, reparaît, revue et complétée, en 1771. Mallet confondait, comme son titre le montre, Celtes, Germains et Scandinaves. Comme Fréret, comme Mallet, la plupart des écrivains usent indifféremment de ces différents noms ; on emploie le mot celtique « comme le plus universel ? ». Aïlleurs ce sont les Scythes :; et d’autres peuples encore entrent dans cette macédoine ethnographique. Le chef-d'œuvre en ce genre est une phrase de La Tour d'Auvergne qu’il faut citer ici, car elle en vaut la peine : « Plusieurs des hymnes gauloises... sont renfermées dans un poème erse, nommé l’Edda...Ce monument runique.… serait propre à nous éclairer sur les Celtes... ! » Ces confusions ne sont peut-être pas si absurdes au fond qu'elles le paraissent à première vue. Celtes et Germains ne sont pas de toute antiquité séparés par un abîme : entre les deux races voisines, il y a eu non seulement des intermédiaires, mais des échanges, une pénétration réciproque et une certaine indétermination . Surtout, et pour ne pas quitter le point de vue auquel nous nous plaçons ici, ces confusions ont leur importance. Notons bien en effet que si l’on s'intéresse au Walhalla et aux aventures de Regner Lodbrog, ce n’est pas, comme on pourrait le faire aujourd’hui, par goût du nouveau, de l’exotisme, ou par une curiosité scientifique et désintéressée, Ces Scandinaves qui sont des Celtes, c’est-à-dire frères des Gaulois, tout en étant des Germains, dont les Francs étaient une tribu, sont doublement nos parents, et presque nos ancêtres.Ce qu’un savant de la valeur de Fréret affirmait en passant avec une tranquille assurance, on l’a cru fermement ou implicitement admis. Mallet avait dit sur les antiquités et la mythologie des Scandinaves tout ce qu’on en pouvait savoir alors ; nul n’osait s’aventurer après lui dans ces régions lointaines et

. Œuvres de Fréret, XVIII, 233. s

. Mallet, Monuments, p. 6.

. Année Littéraire, 1757, III, 244.

. La Tour d'Auvergne, Origines Gauloises, 1796, p. 15 (note).

; . Voir sur cette question L,. Reynaud, L’Influence française en Alle- -magne, 1914, p. 11-36.

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