Ossian en France
7 'AI tenté dans cet ouvrage d'écrire l'histoire du succès et de Vinfluence d'Ossian en France, depuis les premières traductions des Fragments publiés par Macphersonjusqu''à nos jours. La manière dont les poèmes ossianic/ues ont été connus, goûtés, traduits, imités et jugés ; les éléments nouveaux qu'ils ont introduits dans les idées historiques, religieuses, littéraires; le ton qu'ils ont donné à la sensibilité et à la rêverie; Vinfluence qu'ils ont exercée sur le goût et sur la poésie, et la place même qu'a tenue dans l'imagination le Barde de Morven : tels sont les principaux objets de celte étude. Elle suit Ossian, non seulement à travers la littérature, mais dans les heaux-arts, où il occupa quelque temps une place d'honneur. Elle essaie par divers moyens de saisir et de noter les traces de sa renommée et de son influence. Elle voudrait apporter une contribution modeste, mais précise et sûre, à la difficile question des origines du romantisme français.
Il en a été d'Ossian comme d'autres poètes étrangers : il a agi sur l'âme, sur le goût et sur Vart, tantôt comme un élément dans une combinaison, tantôt à la manière d'un ferment. Les recherches que je publie sont donc très voisines, par leur but et par leur méthode, de celles qu'on a faites et qu'on poursuit en ce moment même sur les divers éléments étrangers qui ont agi sur la littérature française. Mais on saisit immédiatement en quoi cet ouvrage doit différer de ceux qui ont pour objet la fortune en France d'un Dante, d'unGœthe, d'un Byron ou d'un Leopardi. Ces poètes ont existé de très certaine façon, et la légende peut bien se glisser dans leur biographie ou déformer leur caractère, elle ne saurait cependant se substituer complètement à la réalité. Leurs œuvres sont bien à eux, et la question