‹ Ossian en FranceChapitre 102 sur 232 · Année Littéraire, 1757, III · texte numérisé non relu

Année Littéraire, 1757, III

4. La Tour d'Auvergne, Ori:/ines Gauloises, 1796, p. 15 (note),

5. Voir sur cette question L. Reynaud, L'Influence française en Allemagne, 1914, p. 11-36.

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difficiles, dont l'accès est gardé par les langues danoise et islandaise. Mais il appartient au premier venu, pourvu qu'il se croie des lumières naturelles et qu'un grand amour de la patrie anime ses studieuses veilles, de disserter sur la langue gauloise, que personne ne connaît, d'épiloguer à perte de vue sur quelques lignes toujours les mêmes de César, de Tacite ou d'Ammien Marcellin, d'en déduire le caractère de nos ancêtres les Gaulois, qui sont au fond les mêmes que les Germains, c'est-à-dire que les Francs ; de retracer leurs mœurs, leurs idées, leur religion. Il y a, dans la seconde moitié du xvm' siècle, un mouvement important vers les études celtiques, lequel, manquant de bases scientifiques certaines, ne mérite guère que le nom de celtomanie.Poinsinet de Sivry fait des Celtes « les premiers inventeurs des lettres * », à cause des Bardes, auxquels nous allons revenir. Aucun mot celtique ne lui semble difficile à comprendre, surtout si l'on se souvient que « les Hébreux sont des Celtes », et que les deux idiomes présentent « un rapport merveilleux », Ainsi Ecleti est un mot celte d'où les latins ont tiré edo, je produis ; et ce lieu de délices se trouvait au nord de l'Espagne, chez les Celtibères -, Daignan d'Orbessan confond les Celtes, les Germains et les Goths, dit que nous descendons de ces derniers, et fait venir Celtes de Zelten, tentes, parce que ces peuples étaient nomades, et Gain de vâXa, lait, parce qu'ils étaient pasteurs ^ L'avocat Le Brigant explique par leur langue celles de tous les peuples connus, et y arrive à force de rapprochements saugrenus '* . Cet ouvrage a dû remplacer celui qu'il annonçait sur la Langue Primitire (encore une hantise de cette époque-là), et dont la deuxième partie devait être consacrée aux Racines celtiques et bretonnes '\ Laissons-les, dira-t-on, à leurs divagations. Mais voici le comte du Buat °

1. Poinsinct de Sivry. Origine des premières Sociétés, 1769; Chapitre V : De l'excessive antiquité des lettres et des autres arts chez les premiers peuples Urieus, qui sont les Celtes ; p, 318.

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