Journal Anglais, 15 janvier
pires. La Gazette Littéraire, en traduisant ou plutôt en abrégeant V Essai sur les anciens ménestrels de Percy S remonte aux bardes et aux scaldes pour expliquer les ménestrels. « Les écrits des Bardes que le temps a respectés » seront pour La Tour d'Auvergne — qui est l'ami de Le Brigant et qu'il faut placer ici, car il se rattache nettement à cette époque de tâtonnements celtiques — les poèmes d'Ossian, « VEdda des Islandais et les ouvrages de Taliésin le Gallois ' ». Ils ne sont pas particuliers aux nations du Nord et de l'Ouest de l'Europe. Tous les anciens peuples ont eu leurs Bardes, au même moment de leur développement. Le jésuite Denis % qui est la même personne que le barde Sined. fait précéder ses traductions d'Ossian ou ses propres compositions de style ossianique d'une importante Préface consacrée aux « Bardes du Nord >. Ce morceau est commenté par la Gazette de Littérature des Deux-Ponts *. Elle tient à dire « un mot de ces Bardes, dont on parle tant, et qui ne sont peut-être pas mieux connus. Les opinions, ajoute-t-elle, sont très variées au sujet de ces poètes du Nord ». Et comme elle a de l'érudition, ou plutôt comme elle emprunte celle de Denis, la Gazette expose les opinions de Spangenberg, de Rudbeck, et développe celle de Denis lui-même. D'après le savant jésuite, la poésie vient de l'Orient. Les ancêtres fabuleux des peuples de l'Occident l'auraient introduite, Tuisko chez les Germains, Odin chez les Scandinaves. Chaque pays avait ses poètes ; « mais le nom de Bardes est générique. » La toponymie vient, pour l'établir, au secours de l'archéologie : Montbard, par exemple, que la gloire de M. de BuîTon a fait connaître de l'univers, Montbard est le mont des bardes.
On peut donc, comme le D' Brown, qu'on traduit en 1708, appeler Orphée, Alusée, Thamyris, « bardes de l'ancienne
\. Gazette Littéraire, 15 janvier 1766; Variétés Littéraires, 111,462-469.