‹ Ossian en FranceChapitre 108 sur 232 · Origines Gauloises, 1796, p · texte numérisé non relu

Origines Gauloises, 1796, p

3. Michel Denis (1729-1800),j6suite autricliien, conservateur de la bibliothèque de la cour à Vienne, bibliographe, critique littéraire, traducteur (en vers) d'Ossian (1768-1769) et poète, sous l'anagramme de Sined, publie des chants bardiques imités de Klopstock et d'Ossian (Die Lieder Sineds des liarden, 1772), qu'il joint à sa traduction (Ossians und Sinedn Lieder, 17x4 et 1791 .

4. Gazette Universelle de Littérature, Deux-Ponts, 1774, p. 469.

Les Bardes et la poésie primitive i 99

Grèce ' » ; ajouter à ces noms, avec Sulzer, ceux de Phémius et de Démodocus - ; avec De Pauw,ceux de Ghéryle « qui accompagna Alexandre dans l'Inde » et de Taillefer qui chantait les exploits de Roland' ; avec Suard, ceux d'Orphée et des vates latins *. Et pourquoi ne pas ajouter celui d'Homère? Homère, au fond, n'est-il pas un barde, le barde par excellence, le poète de son peuple et de toute une race? On ne va pas jusque-là : on est trop habitué à regarder les poèmes homériques comme des ouvrages mûris, achevés, parfaits, conformes à toutes les règles de l'art le plus savant. Quand on compare Homère et Ossian, c'est ce dernier qu'on élève au rang de poète conscient, ou dont le génie sublime a rencontré les règles de l'art sans les connaître; ce n'est pas Homère qu'on fait descendre au niveau des chanteurs de naïves légendes héroïques.

Tous les noms que nous venons de citer appartiennent à une même période de l'esprit humain et delà société. Brown, dans le tableau très curieux qu'il trace des origines de la poésie, après avoir traité « de la musique, de la danse et de la poésie des Sauvages », telles que la fête huronne dont il donne la description peut les faire voir dans leur étroite union, passe de ces sauvages grossiers, dont « le langage ne diffère en rien du piaillement d'une oie » (cesHurons-làne sont pas ceux de Chateaubriand), à des peuples plus avancés, qui dans leurs « festins à chanter » savent louer les dieux et les héros ; puis à l'époque heureuse où « les chefs sont souvent les Bardes les plus distingués », et où la poésie se sépare nettement du chant et de la danse '\ C'est cette époque féconde que Sulzer appelle « le temps des Bardes^ ».

Partout, et de quelque nom qu'on les appelât, ces Bardes étaient révérés de leur peuple, et considérés comme investis d'une fonction sacrée. Percy, qui s'appuyait sur Mallet et qui avait lu Ossian, rappelait au lecteur français, par

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