‹ Ossian en FranceChapitre 11 sur 232 · Windisch, p · texte numérisé non relu

Windisch, p

(Cweellya '), ami et compagnon d'Ossian, sont les plus anciennement cités. Si la plupart des chants conservés sont attribués à Ossian, c'est que la tradition, après lui avoir adjoint Fergus ', puis Gaoilte, a fini par le représenter comme le seul survivant de cette génération guerrière et poétique, et celui dont les chants, composés surtout après la mort de ses amis, se sont répétés d'âge en âge avec le souvenir de leurs hauts faits.

Le thème dominant de toute la littérature ossianique, et que les publications de Macpherson ont popularisé, est déjà essentiel à ces poèmes authentiques. C'est la mélancolie du guerrier vieux et aveugle, pleurant ses amis, les exploits de sa jeunesse, et tout un monde évanoui. En effet, la tradition poétique, d'accord avec les anciens annalistes irlandais, raconte que les Fians s'étant rendus trop puissants, furent anéantis par Cairbre ou Gairpré (Caïrbar), successeur de Cormac, à la bataille de Gabal, Gaura ou Gabhra, en 283. Ossian et Gaoilte auraient seuls survécu \

Gette note mélancolique de douleur et de regret est très ancienne. Elle donne sa couleur particulière à maint fragment ossianique *. M. Kuno Meyer a publié \ d'après un manuscrit du xiv« siècle, un Chant d'Ossian : « Mes mains sont épuisées, ma force est submergée... Longue est ma journée, ma vie est sombre ; jadis, j'étais plein de joie. Imposante était notre armée... Ma carrière est à sa fin "^ ». Dans le Livre Je Leinster, Ossian pleure particulièrement la mort de son fils Oscar '. On le voit survivre même à Gaoilte '. L'un et l'autre regrettent dans les mêmes termes le temps passé. Dans un poème qui a plus de mille ans d'antiquité, Gaoilte se lamente ainsi r « Faible est ce soir la vigueur de mes pieds. Je sais que mon corps n'est plus que chair... Moi et Ossian, le fils de Finn, à l'unisson, nous lan-

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