‹ Ossian en FranceChapitre 12 sur 232 · Stern, p · texte numérisé non relu

Stern, p

Introduction i^

cions nos coups. Grands, en vérité, étaient nos exploits ; petit, le bruit que nous faisions d'eux... ' » Une ballade recueillie en 1871 sur les lèvres d'un vieux paysan prête à Ossian, parlant de Gaoilte, à peu près le même langage.

Par contre, deux éléments importants se rencontrent dans ces poèmes, auxquels V Ossian de Macphersonne donne svstématiquement aucune place: le surnaturel (magie, métamorphoses, animaux g-igantesques ou monstrueux, géants, etc.) et le christianisme. Dans plusieurs de ces morceaux, Ossian ou Gaoilte, son frère d'armes, s'entretiennent avec Patrick, le saint introducteur du christianisme en Irlande, qui tâche de les convertir. La différence de deux siècles au moins qui séparait le barde et l'apôtre n'a pas empêché ce thème curieux de faire une brillante fortune ' ; et de cet entretien légendaire « sont sortis peu à peu la gloire et la fortune d'Ossian ^ ». Dans les plus anciens de ces poèmes, l'entretien est plein de courtoisie, et le saint peut concevoir de bonnes espérances. Dans les ballades plus récentes que fait connaître le Livre du Doyen de Lismore, le ton est tout dilférent : Ossian, muré dans le souvenir et dans le regret d'un passé de combats, de gloire et de bonheur, refuse durement d'entrer dans le monde nouveau que lui ouvre le missionnaire. Il ne comprend de ces nouveaux apôtres ni la conception de la vie, ni les espérances d'au-delà. Si les braves de Finn sont en enfer, il ira les rejoindre ; et qu'estce d'ailleurs que ce paradis où il ne pourrait amener avec lui son chien fidèle ?

Un dernier élément différent, que l'on peut appeler proprement romanesque (enlèvements de princesses, traversées aventureuses pour les reconquérir), est déjà représenté dans YEnlretien des Vieillards qui appartient au groupe moyen de ces poèmes. Il y a dans certaines vieilles ballades des histoires de princesses enlevées qui implorent secours *. L'amour n'y est pas traité avec de grands développements ^,

1. Retraduit d'après Nutt, p. II. Je n'ai pu trouver si Caoilte est donné comme aveugle ainsi qu'Ossian.

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