‹ Ossian en FranceChapitre 113 sur 232 · Ib., Mémoires, t. XX.XV, p · texte numérisé non relu

Ib., Mémoires, t. XX.XV, p

3. Ib., Histoire, 1719 : Qu'il ne peut y avoir de poèmes en prose.

4. Gazon Douxigné, Traduction libre en prose poétique du Poème des Jardins du P. Rapin, 1772.

La prose poétique La poésie sidérale 2o5

et si l'on vient de lire par surcroît les derniers ouvrages de Rousseau, si l'on est sous le charme de ces pages délicieuses ou enflammées, on est d'avis que la prose ne le cède en rien aux vers, même en harmonie, et qu'elle est plus poétique que la poésie.

Parmi les objets que pourra chanter cette poésie nouvelle, et que chante justement Ossian, il en est qui sont fort à la mode vers 1770 : ce sont le soleil, la lune, les étoiles. 11 j a là tout un mouvement de poésie sidérale dont les causes sont difficiles à apercevoir, sauf une qui se distingue fort bien : le succès de Malfilâtre avec son ode Le Soleil fixe au milieu des planètes, couronnée à Gaen en 1758, et donnée par le Mercure en juillet 1759. Ce sujet inspire un poète qui salue le Soleil en mauvais vers '. Il est repris par un autre, qui éprouve le besoin d'écrire des Vers au Soleil ^ D'Holbach traduit de l'allemand de Grauwolf un Hymne au Soleil en prose '. Un peu plus tard, Bérenger le troubadour, écrivant deux pages de prose sur Le Lever du soleil^ cite comme ayant traité le même sujet la Bible, Lucrèce, Fénelon, Thomson, Kleist, Ossian, J.-J. Rousseau et l'abbé de Reyrac. U Hymne au Soleil, de ce dernier *, a un grand succès ; on le réédite souvent ; il passe pour le chef-d'œuvre de la prose poétique. Le soleil inspire aux poètes des réflexions philosophiques. En le contemplant, ils se demandent s'il durera toujours, et le thème final de l'hymne au soleil de Carthon se trouve ainsi préparé par des méditations analogues. Le Journal Etranger^, analysant La Mort de Caton de Gottsched, traduit le monologue de Caton expirant. Le Romain dit qu'il ne faut pas se plaindre de mourir, car « le soleil même vieillira, les étoiles deviendront pâles, la nature entière doit périr ». Et le rédacteur, faisant remarquer que ce morceau est imité du Caton d'Addison, donne du texte anglais une nouvelle traduction en vers de sa façon ;

1. Elile de poésies fugitives (par Blin de Sainmore), 1764, I, 202.

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