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Journal Étranger, ianvicr

2o6 Ossian en France

Sans doute quelque jour (f^^rands Dieux ! quel jour funeste !) En vain on cherchera dans la voûte céleste Les astres éclatants qui l'ornont aujourdhui.

Caton,il est vrai, a des lumières qui manquent à Ossian. Le stoïcien tire de ces réflexions une leçon de courage et d'espoir, tandis que le Barde se laisse aller au plus sombre découragement. L'année suivante, le Journal Etranger traduit encore rapostrophe au soleil de Zacharie dans son poème de La Nuit^: « Fils du ciel, divin Soleil, pour- (juoi as-tu fui si rapidement ? Où es-tu ? Dans quel heureux élément as-tu plongé ta tête rayonnante? » C'est tout à fait le ton et le mouvement ossianiques. Le même Zacharie fournit encore un poème de Midi ^ ; Saint-Lambert, au moment même de la première vogue d'Ossian, une pièce sur Le Soir et une sur Le Matin ^ ; un autre, à la même époque, un poème des Quatre parties du. jour ^ Cette poésie sidérale est à la mode. C'est dans Ossian qu'elle trouvera, avec l'hymne au soleil de Car thon et celui de Carric-T/nira, avec l'invocation à la lune de Dar-thuia et l'apostrophe à l'étoile du soir des Chants de Se/ma, son expression la plus écoutée.

Ossian répondait-il en quelque façon à ces désirs formels ou inexprimés? Apportait-il à la poésie française des germes de renouvellement, et lesquels ? L'intérêt qu'éveillent les premières traductions, la confiance, la sympathie, l'admiration qui vont aller en grandissant dans les années suivantes, tous ces sentiments sincères que ne dictait pas encore la mode, dans quelles qualités de l'Ossian que l'on connaissait jusqu'alors avaient-ils leur source ? On peut apercevoir une partie au moins des causes intimes du suc-

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