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Gazelle Littéraire, 1" août

23o Ossian en France

sévèrement à la poésie de style. » C'est pourquoi les esprits mal faits trouvent Ossian parfois ridicule en français. D'ailleurs, remarque Suard avec assez de bon sens, qu'est-ce que la traduction d'une traduction?* Une version faite sur une version ne peut être que froide. »

En 177G encore, le Journal Anglais de Le Fuel de Méricourt, qui va plagiant de côté et d'autre de quoi remplir ses pâles numéros bi-mensuels, redécouvre la Dissertation de Blair. Il donne un article intitulé Sur l'ancienne poésie et particulièrement sur la Runiqne et la Celtique '. C'est le même titre que le morceau du /?ec?/P27 ay?^/rtù, mais le contenu est légèrement différent. D'ailleurs ce qui concerne Ossian, son génie et son œuvre n'a pas une page et demie.

Un autre témoignage de poids venait d'Italie. A l'enthousiasme du D"" Blair répondait l'enthousiasme de l'abbé Cesarotti. Exactement en même temps que le professeur d'Edimbourg, et sans qu'il y ait par conséquent influence de l'un sur l'autre, le professeur de Padoue dressait à la gloire d'Ossian un monument magnifique. Il avait donné dès 1763 la première édition de cette traduction, dont la renommée devait devenir universelle. 11 traduisait un poète en poète : sur la prose de Macpherson il jetait ses sciolti, genre de versification le plus difficile de tous, dans lequel il était passé maître. L'abbé avait fait précéder sa traduction d'un Essai critique et de notes où éclatait une admiration presque sans bornes. Parmi les idées qu'il y exposait, il en est deux qui furent mises sous les yeux du public français. La Gazette Littéraire ' annonce la traduction italienne, et résume les idées de Cesarotti sur les avantages et surtout les difficultés d'une traduction en vers. Un peu plus tard \ elle insère une Lettre aux auteurs de la Ga-

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