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i8 Ossian en France
mais il s'y exprime parfois avec une intensité de passicHi qui dépasse ce qu'on pouvait rencontrer à la même époque dans aucune littérature européenne '. On retrouvera dans ï Ossian de ^Nlacpherson, et surtout dans celui de Smith, cet élément romanesque démesurément développé.
Enfin, si le sentiment profond des grands aspects de la nature, l'émotion poétique devant les astres ou au sein de la solitude mélancolique, dont Macpherson devait être l'éloquent interprète, manquent à ces poésies naïves et en partie barbares, on y rencontre du moins des notations assez développées de paysage et de campagne. Ces anciennes strophes retracent non seulement les aspects riants que nos poètes du moyen âge ont volontiers notés d'un trait, mais aussi desaspects mélancoliques et sombres '. Les montagnes, les torrents, les nuages y jouent un rôle dominant '. On a conservé une description de l'hiver, antérieure au xii* siècle: « Vent du nord, fortet froid, bas le soleil, courte sa course... La fougère brille d'un rouge sombre... C'est la saison de la glace : triste est mon récit *. » L'un et l'autre genre de paysage sont traités avec beaucoup plus de développement que dans n'importe quelle poésie européenne de la même période ^ On y trouve, avec la passion de la chasse, la sensibilité aux impressions de la nature. Tandis que les récits de bataille frappent le lecteur par leur aspect « de style » et conventionnel, tout ce qui a trait aux bois et à la vie de la forêt est traité avec une joie profondément sentie. L'élément écossais paraît ici, car « le Highlander est un excellent observateur de la nature ^ ». C'est là un trait caractéristique de \\ poésie ossianique à tous les stades de son développement '.
Non seulement on continuait de copier, à des époques relativement récentes, les anciens manuscrits qui faisaient le fond des récitations des bardes et des sénachies, mais