‹ Ossian en FranceChapitre 161 sur 232 · Journal Anglais, V, 1S7 (1" mars · texte numérisé non relu

Journal Anglais, V, 1S7 (1" mars

2. Gazette Universelle de Littérature, Deux-Ponts, 1777, p. 60-62.

La Harpe 339

« une des plus anciennes productions littéraires depuis le siècle d'Auguste » ; et c'est aussi « un des monume nts historiques les plus rares. C'est un document précieux sur les anciens Gaulois, vrais pères des Français », et qui mérite d'être étudié à ce titre.

Le Journal de Paris consacre au nouvel Ossian trois articles de suite, et en tête de trois numéros consécutifs '. L'ensemble compte près de deux cents lignes. 11 se borne d'abord à résumer le Discours Préliminaire ; dans le troisième article seulement il caractérise les poésies d'Ossian. « Le ton en est presque toujours lyrique. » Comme d'autres, il note le décousu du récit, le manque de plan et de « méthode », la monotonie des comparaisons ; comme d'autres, il y trouve « beaucoup de fierté, d'énergie », et « quelques épisodes touchants ». Une citation de Fingal vient appuyer ses dires.

Le Journal de Politique et de Littérature de Bruxelles donne ' la première mouture de l'article de La Harpe sur Ossian, article qu'il a reproduit lui-même deux fois au moins, dans sa Correspondance Littéraire ^ et dans le Lijcée *, et que des compilateurs ont reproduit encore après sa mort ^ sans le citer. La Harpe, thuriféraire de Voltaire et bafoué à chaque instant par Fréron, théoricien du goût classique le plus étroit et critique volontiers hargneux, aurait pu, sans étonner personne, se montrer sévère pour Ossian. Mais « ce petit homme » n'a pas voulu cette fois « à son petit compas asservir le génie » ; celui qui faisait « avanie » au grand Corneille s'est montré généreux pour le Barde du Nord. Les sentiments de La Harpe à l'égard d'Ossian ayant été nettement exprimés dès 1777, à l'occasion de la traduction de Le Tourneur, ce serait faire erreur que d'attendre pour les exposer le moment où les leçons du Lycée les reprenaient, celui où la Correspondance Littéraire se publiait, c'est-à-dire les dernières années du

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