‹ Ossian en FranceChapitre 170 sur 232 · Th., 1783, I · texte numérisé non relu

Th., 1783, I

5. Œuvres de La Harpe, XII, 69: Correspondance Littéraire, leliro 119, année 1783.

Nous savons comment le jeune Fontanes acquit un peu plus tard une connaissance d'Ossian plus directe et plus intime que s'il s'était borné, comme tant d'autres, à parcourir Le Tourneur. Dans son voyage à Londres d'octobre 1785 à janvier 1786, Fontanes entendit les filles d'un ministre, chez qui il logeait, lui chanter d'anciens airs écossais ; et dans une lettre à son ami Joubert, il lui communique ses impressions ;

11 est très vi'ai que plusieurs hymnes d'Ossian ont encore gardé leurs premiers airs. On m'a répété son apostrophe à la lune. La musique ne ressemble à rien de ce que j'ai entendu. Je ne doute pas qu'on ne la trouvât très monotone à Paris ; je la trouve pleine de charme. C'est un son lent et doux, qui semble venir du rivage éloigné de la mer et se prolonger parmi les tombeaux '.

Ces airs anciens sur lesquels se chantent les poésies d'Ossian, Fontanes promet à Joubert de les lui procurer = ; il les a, et va les lui envoyer '. Comparant dans une de ses lettres les Ecossais et les Anglais, il désigne les premiers par les mots descendants d'Ossian *. Mais, vers 1780, il ne connaît encore le barde qu'indirectement, par Le Tourneur, à moins qu'il n'ait déjà profité de sa connaissance de l'anglais pour aller droit à l'original, ce que nous ne pouvons affirmer en présence d'une simple imitation.

C'est de 1780 en effet que date la première pièce de vers de Fontanes, et elle est justement très ossianique. Dans La Forêt de iVrt!t'rtrr<?% inspirée évidemment de la Windsor Forest de Pope, voisinent étrangement Corydon. Herminsul et la forêt de Dodone. Le poète y évoque les bardes dont il « entend gémir les voix mystérieuses ». Ces bardes, parmi lesquels des prophètes ou des sages inspirés, ont nom Linus, Orphée, Bélus, Moïse, Zoroastre, Brama, Numa, et Ossian :

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