Ih., p. 30 (lettre du 29 novembre
5. Almnnach des Muses, 1780 ; revu ensuite pour figurer dans ses Œuvres, 1,1.
Fontanes ' 359
Ossian, au milieu des l'orèts, des orages, Que l'Ecosse nourrit dans son sol inégal, Célébrant dans la nuit les exploits de Fingal, Offrait un chant de mort à son ombre chérie Qui du haut d'un nuage écoutait, attendrie.
Ces alexandrins sont bien mauvais ; les 181 vers libres du Chant du Barde de 1783 valent un peu mieux. Ossian s'entend appeler :
Qu'entends-je ? Quelle voix m'appelle ?
Ossian. . . Ossian. . . Ce n'est point un vain bruit ; C'est Fingal, c'est la voix de l'ombre paternelle.
Il adresse à sa harpe l'invocation coutumière, il évoque les anciens jours :
Evénements passés que les temps engloutissent, Renaissez à mon souvenir !
Le fond du poème est emprunté au chant VIII de Temora, avec des embellissements puisés çà et là dans Ossian. Le Barde finit en déplorant sa vieillesse inutile ; il se voit, après sa mort, reçu par les autres Bardes au sein des nuages ; il prédit que ses chants rendront son nom immortel. Baour Lormian, de tous les imitateurs d'Ossian qui l'ont précédé, fait grâce au seul Fontanes : il admire « le début mélancolique et musical de son Chant du Barde » et il le cite. « Voilà Ossian! s'écrie-t-il ; le traducteur s'évanouit, pour le céder au poète ^ » Cette approbation, publiée en Fan VIII, ne s'adresse donc pas encore à l'homme en place : elle peut être sincère, mais n'en est pas plus méritée.
La pièce est accompagnée d'un Envoi à M. Le Tourneur "' qui renferme la confession poétique de l'auteur. Nous apprenons par elle qu'âgé de vingt-six ans, Fontanes vient de se convertir brusquement au genre lugubre et à l'ossianisme.
1. [Baour-]Lormian, Les Trois Mots, an VIII (note ajoutée après Mon Second Mot, qui avait paru en l'an Vil.