Almanach des Muses, 1796, p
Amaury Duval. Marie-Joseph Chénier 40»
mais par la surface seulement et par le dehors. Ses poèmes ossianiques sont au nombre de cinq : ils parurent dans le livre III de ses Poésies Lyriq ues, ouvrage tiré à 250 exemplaires seulement '. Les Chants de Selma, le plus important, présentent une traduction complète du poème ossianique. La pièce paraissait la même année dans le recueil de Labiée % et se retrouve dans les OEuvres\ Une partie du poème, le Chant f/'LV/m, avait déjà été donnée par le Magasin Encijclopédique deux ans plus tôt *. Les 78 vers de ce Chant rf' 67///? reproduisent cette lamentation d'Alpin sur la mort de son fils Morar que nous avons déjà rencontrée so^xyent. Minvane^ avait été mis en musique et avait paru, paroles et musique, dans la Décade en décembre 1804 \ On voit que Chénier tirait parti de ses productions antérieures à la grande vogue d'Ossian, pour leur faire prendre la livrée du jour. Ces 57 vers libres, qui reproduisent à peu près la Minvane de Le Tourneur, se prêtaient assez bien en effet à servir de thème à un chant passionné. De Carthon, Chéniertire V'méyiiohXQ Invocation au Soleil\ qu'il avait d'abord donnée au recueil de Labiée * : 34 alexandrins médiocres, librement rimes. Clonal et Criniora \ c'est, avec un léger changement qu'a motivé l'euphonie, le Connal et Crimora de Turgot et de tant d'autres, c'est-à-dire l'épisode bien connu de Carric-Thura : un dialogue de 57 vers en strophes libres. Enfin, Le Demie)' Hymne d'Ossian '" reparaît dans la Décade en 1800 ". C'est un ample poème de 250 vers environ, tantôt stances, tantôt vers libres, et qui suit d'assez près Berrathon, que, disait Le Tourneur, « on nomme en Ecosse le dernier hymne d'Ossian ».
On le voit, le tribut poétique de M.-J. Chénier est le plus
1. Poésies Lyriques de M. Joseph Chénier. Paris, an V-1797, in-18.