Ib., p
3. James Grant, Thoughls on the Origin and Descent of the Gael ; with .. Observations relative to the Authenticity of the Poems of Ossian- Londres, 1813, Edimbom-g, 1814, in-8.
4. The Works of Ossian... A new édition, to which is added an Enquiry into he genuineness of the Poems of Ossian, by the Rev. Alexander Stewart. Edimbourg, 1820, in-16.
5. Talvj, Die Unechlheit der Lieder Ossians..., Leipzig, 1840.
éloquent et solide, qui tirait parti des travaux de Drummond et dO'Reilly, et de tout ce qu'on savait en 1840 sur la question. Elle eut des contradicteurs, notamment Ebrard en 18l)8. D'autres, comme Hatelj Waddell', tiraient leurs aro-uments d'une étude minutieuse, mais complaisante, des contrées où est censée se passer l'action dans VOssiaii de Macpherson. Il ne faut accorder que peu d'importance à des études comme celles de Herrig*. d'Oswald% de Nicolaï*, si longues et si complaisamment minutieuses que se fassent ces dernières : les auteurs se placent au point de vue de la cri tique interne, et ne font guère avancer la question.
Ces procédés périmés devaient, avant de céder la place à de plus sûres méthodes, inspirer encore l'un des monuments les plus imposants qu'on ait élevés à VOssian de Macpherson. La magnifique édition d'Archibald Clerk % publiée grâce à de hauts patronages écossais, et inspirée par un certain amour-propre national, n'apportait aucune donnée nouvelle au problème. C'est une reproduction du texte gaélique de 1807, avec une traduction anglaise littérale, vers pour vers, en regard. Le texte anglais de Macpherson se trouve au bas de la page. On saisit tout de suite l'intention de l'éditeur : il s.'agit de démontrer, par la comparaison des deux versions anglaises à laquelle le public lettré, mais non celtisant, ne manquera pas de se livrer, que tout ce qu'il y a de faux, d'artificiel, de vainement sentimental, de démodé dans Macpherson, est de son invention ; que le véritable Ossian est beaucoup plus sobre, plus énergique, plus grand dans sa simplicité. Comment douter de l'authenticité d'un texte qui, rendu en anglais, produit en effet une meilleure impression? Dans la Dissertation qui accompagne les poèmes, Clerk prend pour
1. Rev. Peter Halely Waddell, Ossian and l.he Clyde... or, Ossian historical and auUientic. Glasgow, 1875, in-4.
2. (Hg.K Studien zur Geschichle der irischen Liederdichtung (Ilerricfs Arcliiv, VI, 193, année 1849).
:i. Oswakl. Uiher Ossian {ih., XX, 43 cl 296, année 1S57).
4. A. F. Nicolai, Ueber Ossian {ib., LXVIII, 129, année 1877). L'article contient un essai de bibliographie de la controverse ossianiquc.
5. The Poems of Ossian in the original Gaelic, with a litcrary transcription into English and a Dissertation on the authenticity... together with the English translation by Macpherson; by the Rev. Archibald Clerk. Edimbourg, 1870, 2 vol. gr. in-8.
Introduction 65
accordée l'authenticité du texte de 1807, et le compareavec VOssian de Macpherson. Le résultat est que Macpherson serait coupable à chaque instant de suppression, addition, délayage, transformation, etc.. Ces procédés illégitimes, que Clerk énumère avec une grave sévérité, ne sont rien cependant, nous allons le voir, à côté des libertés réelles que Macpherson prit avec les ballades originales, autant que nous pouvons connaître ces dernières. L'édition de Clerk n'a aucune valeur scientifique ; elle marque la survivance, à une époque aussi récente, d'un point de vue écossais très étroit. Elle fournit aux non-celtisants, par ses deux versions, les éléments d'un parallèle utile entre Macpherson et le texte de 1807, d'où l'on pourra dégager quelques indications sur le travail d'où est sorti ce dernier. Et il est vrai qu'il suffît de comparer les deux textes anglais pour préférer de beaucoup celui qui n'est pas de Macpherson. L'ouvrage ne rencontra pas, en général, un accueil favorable ; et le plus compétent des juges, Campbell (d'Islay), dans son compte-rendu du Times *, fit sévèrement justice de la crédulité quelque peu attardée du révérend écossais. De nos jours, un celtisant de valeur n'hésite pas à qualifier cette édition de « pitoyable édition de luxe* », et l'on ne peut que regretter que tant de travail ait été dépensé presque en pure perte.
C'est par les études et les publications des celtisants, par l'application de méthodes scientifiques plus sévères, que la question ossianique devait entrer dans une voie nouvelle. Deux tâches essentielles s'offraient aux chercheurs compétents. L'une consistait à découvrir, à déchiffrer, à publier, à traduire le plus grand nombre possible de manuscrits ; et, par eux, à mieux connaître et à mieux faire connaître au public les traditions ossianiques anciennes. L'autre tâche était de refaire, avec infiniment plus de temps, de méthode,