‹ Ossian en FranceChapitre 30 sur 232 · Ib · texte numérisé non relu

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4. Ancient Gazlic Poems, respecting the race of the Finns, collected in the Ilighlands of Scotland by Dr. Young. Dublin, 1787, in-4 (dans Its

Transactions of the Royal Irish Academy).

jo Ossian en France

tout dans l'extrême Nord de l'Ecosse (Caithness et Sutherland). On remarquera qu'à l'heure même où la Commission de la Highland Society d Edimbourg élaborait son rapport, les termes de comparaison ne manquaient pas pour élucider la nature du travail de Macpherson.

Il fallait, il est vrai, il faut encore déployer la plus attentive vigilance et exercer la critique la plus sévère sur ces recueils de la première époque. Si ceux qui ont été cités jusqu'ici sont en général de source authentique, on ne saurait mettre sur le même plan plusieurs de leurs contemporains. Ainsi, du vivant de Macpherson, Duncan Kennedy recueillait 29 morceaux en 1774 et 30 autres en 1783, qui ont été depuis publiés par Campbell : mais ils étaient très arrangés. Les 20 ballades ossianiques que donnait à Perth en 1780 l'imprimeur Gillies,les 40 poésies analogues du Rév. Alexandre Irvine en 1801> les poèmes ossianiques des frères Mac-Callum en 1816, tout cela a été très influencé par VOssian de Macpherson.

Quoique les chercheurs de cette première période fussent stimulés par le succès européen des poèmes ossianiques, et à cause de ce succès même, leurs travaux n'avaient pas le retentissement qu'ils auraient mérité : ils restaient presque inconnus, et on ne les voit guère entrer en ligne de compte dans la controverse ossianique. Peut-être aussi n'étaientils pas conduits avec une exactitude scrupuleuse. Les méthodes du folklore n'étaient pas encore assurées.

Une nouvelle période, beaucoup plus féconde en résultats incontestables, s'ouvre avec les travaux d'un homme également remarquable par son zèle et sa conscience scientifique, John Francis Campbell, qu'on appelle Campbell d'Islay pour le distinguer de ses nombreux homonymes (1822- 18S5). 11 consacra trente ans à ses recherches sur la tradition ossianique orale, et dix ans à en publier les résultats. On était loin des trois ou quatre mois d'enquête que tout Ossian avait coûtés à Macpherson. Le beau recu3il intitulé Contes populaires des Highlands de l' Ouest (18(32) 'est un des plus précieux qui existent en ce genre pour n'importe quel pays.

1. Popular Taies of the Wesl Highlands, 1862. Une réédition a été donnée, après la mort de l'auteur, à Londres, 1890, 4 vol in-12.

Introduction 71

L'auteur donne pour chacun des récits qu'il publie le nom du conteur, sa profession, la date, le lieu, et le nom de la personne qui a recueilli le récit. On y trouve à plusieurs reprises des noms et des thèmes familiers au lecteur de VOssian de Macpherson, tels que Ossian après les Fians, Diarmaid (Dermid) et Graïnna, Le Chant d'Oscar, Oscar fils d' Ossian. Cent ans exactement après la première publication àeFingal, Campbell entendait un vieux paysan d'une des Hébrides les plus écartées lui réciter un vieux poème gaélique attribué à Ossian et où le barde déplorait la mort de son fils Oscar '.

Après la mort de Campbell (d'Islay), son œuvre fut continuée dans le même sens par un autre Ecossais qui avait été son collaborateur, John Gregorson Campbell (de Tirée), qui donna en 1891 un bel ouvrage, Les Fians, recueil de traditions orales concernant Finn et ses guerriers '. Lui aussi avait consacré trente ans à recueillir les documents irréfragables qui sont réunis dans ce volume. On y trouve entre autres un poème de Deirdre (Dar-thula) en six parties, des morceaux sur Conloch et Cuchnlain, Fion-mac-Cumhaill, Caoilte, Oscar, Gol/, Conan, et Dermid ; la mort de ce dernier guerrier est causée, comme dans Smith, par les soies d'un sanglier sur le dos duquel on l'oblige à passer pieds nus et à rebrousse-poil. On y trouve les inévitables lamentations d'Ossian après la disparition des Fians, On y trouve aussi un poème original, où plusieurs bardes chantent successivement les divers aspects d'une nuit de tempête ; c'est évidemment ce court poème, ou quelque autre d'une teneur presque identique, qui a inspiré la longue et mélancolique Scène d'une Nuit d'Octobre que Macpherson avait glissée dans une note de Croma, et qu'il attribuait à quelque imitateur d Ossian. Le même folkloriste expert donnait un peu plus tard ses Contes et traditions populaires des Hautes-

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