‹ Ossian en FranceChapitre 31 sur 232 · Popnlar Taies (éd. de 1890), III · texte numérisé non relu

Popnlar Taies (éd. de 1890), III

2. The Fta;is,or Stories, Poems, and Traditions of Fionn and his warrior band, collected enlirely from oral sources by John Gregorson Campbell, minister of Tirée, wilh Introduction and bibliographical notes by Alfred Nutt. Londres, 1891, in-8. Dans la collection Waifs and Strays of Celtic Tradition (Argyllshire Séries), n» IV.

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Terres '. D'autres légendes guerrières, sous le titre de Contes populaires et héroïques, étaient encore publiées et traduites par D. Mac Innés, en 1890 ', et par J. Mac Dougall en 1891 '. Le beau recueil d'A. Carmichael * est surtout consacré aux prières et aux incantations recueillies en langue gaélique dans les Hautes-Terres ; mais l'auteur, qui a travaillé vingt-cinq ans avec Campbell (d'Islay), a entendu à maintes reprises des fragments de légendes ossianiques.

De ces textes d'origine diverse, irlandaise ou écossaise, écrite ou orale, les uns, comme on Ta vu, sont maintenant dans leur langue originale à la disposition des spécialistes ; quelques-uns ont été publiés avec des sommaires en anglais ; beaucoup sont traduits et ont fait ainsi leur entrée dans le domaine de la littérature générale. Pour les expliquer, les commenter, retracer la fdiation des légendes, distinguer les lieux et surtout les époques, démêler avec une approximation convenable les thèmes différents qui s'enchevêtrent dans plusieurs pièces en un tout singulièrement complexe, séparer les données historiques, plus ou moins modifiées par la tradition, de l'apport mythologique ou de la création proprement poétique, de grands travaux ont été faits et se poursuivent de nos jours. En négligeant ceux qui sont trop spéciaux pour être mentionnés ici, on trouvera les principales études sur Ossian et la poésie du cycle ossianique dans quelques ouvrages essentiels qu'il me reste à caractériser brièvement.

D'Arbois de Jubainville, on l'a vu, a consacré à la poésie ossianique plusieurs volumes de son Cours de Littérature Celtique. La Revue Celtique a publié la traduction française

1. Popular Taies and Traditions, collecled in the Western Highlands by the laie Rev. J.-G. Campbell of Tirée... Londres, 1895, in-8.

2. Folk and Hero Taies, collected, edited, and translated by the Rev. D. Mac Innés. With a study of the development of the Ossianic Saga and copions notes by Alfred Nutt, 1890, in-8. Dans la même collection que The Fians, n° II.

3. Folk and Hero Talcs, collected, edited, translated, and annotated by the Rev. J. Mac Dougall ; with an Introduction by Alfred Nutt, 1891. Dans la même collection, n» III.

4. Carmina Gadelica. Hymns and Incantations... orally collected in the Highlands and Islands of Scolland and translated into English, by Alcxander Carmichael. Edimbourg, lîiOO, 2 vol. in-4.

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d'une conférence de M. Windisch sur l'ensemble de la question ^ C'est, sans parler de la haute compétence de Tauteur, un résumé très attachant et très pittoresque de ce qu'on pouvait savoir à cette époque de la vraie littérature ossianique. Un peu plus tard, A. Macbain donnait en anglais un résumé qui a été estimé le meilleur qui eût paru au xix° siècle ^ M. Alfred Nutt a consacré de nombreux et judicieux travaux à cette question. Tantôt éditeur de textes nouveaux, tantôt commentateur de textes édités par d'autres, il a excellemment résumé l'essentiel sur les originaux ossianiques dans son petit livre, si court et si précieux, sur Ossian et la Littérature ossia?nque \ particulièrement utile pour les résumés et la bibliographie. L'exposé le plus serré et le plus complet de l'épineuse question des poèmes ossianiques et de leur rapport avec ÏOssia?i de Macpherson est dû à L.-C. Stern, à qui j'ai dû faire de si nombreux emprunts *.

Telles sont jusqu'ici les analyses les plus poussées que les celtisants aient publiées sur la question. A part ces travaux érudits, le public européen a à sa disposition deux ouvrages de valeur inégale. Le James Macpherson de Bailey Saunders obtint à son apparition un vif succès d'intérêt, parce que c'était la première biographie détaillée d'un homme au sujet de qui l'on avait tant bataillé ; biographie fondée en partie sur des textes inédits, et qui, chemin faisant, traitait du rôle de Macpherson comme « traducteur >,et par suite donnait quelques détails sur ses « originaux »et ses sources. L'ouvrage, fort attachant, a de graves imperfections : il est insuffisamment au courant des publications ossianiques ; il ne se place pas, pour juger la question de l'authenticité, sur le véritable terrain, et il est beaucoup trop favorable à Macpherson. Tel quel, il a servi

1. L'ancienne légende irlandaise et les poésies ossianiques (Revue Celtique, 1881, p. 70-93).

2. A. Macbain, Macpherson's Ossian {The Celtic Magazine, février-avril 1887).

S.Alfred Nutt, Ossian and the Ossiaaic Literature. Londres, 1899, in-18. (Popular studies in Mythology, Romance, and Folk-Iore, n" 3).

4. L. Chr. Stern, Die Ossianischen Ihldcnlieder {Zeilschrii:i fiirvergleichende Litteraturgeschichte, VIII, année 1895).

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de guide aux écrivains qui se sont proposé de mettre en quelques pnges le public français au courant de la question, ou plutôt de lui rappeler le succès dont jouit jadis VOssian de Macpherson, et d'en résumer à grands traits l'origine. Ainsi Arvède Barine en 1894, dans les articles des Débats ' que nous retrouverons à la fin de cette étude ; ainsi plus récemment M Augustin Thierry dans ses Mystifications littéraires '.On peut ranger dans la même catégorie un petit volume auquel son format commode a peut-être assuré une certaine diffusion, l'édition des Poèmes d'Ossian avec une Introduction par Eyre-Todd '. Cette introduction ample, détaillée, intéressante, traite successivement des différents aspects de la question. Malheureusement elle est parfois inexacte dans les détails, elle est incomplète, et il y règne une évidente partialité pour Macpherson. L'auteur est, comme Clerk, partisan absolu de l'authenticité totale, traduction de Macpherson et texte de 1807.

Beaucoup plus important et plus exact est l'ouvrage de J.-S. Smart, auquel cette Introduction doit beaucoup. L'auteur n'a pas refait la biographie de Macpherson ; mais il la complète par une étude très poussée de ses procédés de travail ; et Ton trouve dans son livre, dont le plan toutefois n'est pas tracé de manière aussi commode qu'on le souhaiterait, un certain nombre de traductions et de données précises sur les textes authentiques de la légende ossianique. Cet ouvrage, inspiré par un esprit critique assez sûr, est le complément indispensable de celui de B Saunders. On a va combien cette introduction, qui utilise beaucoup d'autres sources, est redevable à ces deux livres essentiels.

1. Arvède Barine, Les Poésies d'Ossian (Journal des Débais, 13 cl 27 novembre 1S94).

S.Augustin Thierry, Las (frandes mystifications ittéraires, Paris, 1911, in-16.

3. Poeins of Ossian, translatée! by James Macpherson; >vith an Introduction, liistorical and critical, by George Eyre-Todd ; Londres, s. d. (18,S8) in-iS.

Introduction

Entourés de tant de documents, éclairés par tant de travaux, nous pouvons maintenant tenter sans trop de présomption de donner nos conclusions sur la nature véritable de VOssian dont il va être question au cours de cet ouvrage; et sinon énoncer des certitudes, du moins nous arrêter à des vraisemblances. L'entreprise de résumer et de conclure a été tentée en France plusieurs fois lorsqu'elle était prématurée ; mais le problème a cessé d'intéresser au moment même où l'on a possédé assez de données pour le résoudre. Car, si l'on peut dire que la question de la nature du travail de Macpherson est définitivement vidée ^ (et c'est peutêtre beaucoup s'aventurer que de s'exprimer ainsi), elle ne l'a été du moins qu'à la fin du xix' siècle. Même les deux importants ouvrages anglais que je caractérisais tout à l'heure ne coordonnent pas leurs résultats d'une manière plausible, et les faits qu'ils enregistrent pour appuyer leurs deux thèses contradictoires, comme ceux que fournit l'excellent mémoire de Stern, ont besoin d'être repris et reclassés pour satisfaire la logique et la vraisemblance.

Nous ne nous occupons ici que de VOssian de Macpherson. Celui de Smith, bien qu'il fasse partie intégrante de VOssian que la France a connu et aimé, n'a été l'objet à ma connaissance d'aucun travail préparatoire ; on n'a pas, que je sache, étudié de près le rapport de l'anglais de 1780 avec le gaélique de 1787, quoique ce rapprochement eût été très intéressant pour élucider par comparaison la nature possible du travail de Macpherson. Les celtisants n'ont pas songé à rapprocher de ses sources l'auteur de Dermid comme ils l'ont fait pour l'auteur de Fingal. Il est resté dans l'ombre, pendant que toute la lumière se concentrai sur son glorieux prédécesseur. Me bornant donc à Macpher-

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