‹ Ossian en FranceChapitre 34 sur 232 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

lions les plus achevées des autres nations dans le même genre '. »

La partie la mieux connue de cette histoire, à cause du Rapport de 1805, ce sont les relations qu'il forma avec des habitants des Hautes-Terres, et les manuscrits qu'il obtint d'eux. Il est avéré que quantité de ballades, de transcriptions envers ou en prose, lui furent remises. Qu'étaient au juste ces textes? Sans doute les mêmes, ou à peu près, que la tradition écrite ou orale a permis de publier de nos jours. Que sont-ils devenus ? Macpherson ne les rendait guère ; ils disparurent avec ses papiers ; on n'en a représenté qu'un très petit nombre à l'enquête de la Société d'Edimbourg. Ce point est, aujourd'hui encore, enveloppé d'obscurité, et c'est celui qu'il nous importerait le plus d'élucider. Mais il convient de serrer de plus près l'étude de ce qu'a pu être le travail de Macpherson pendant son séjour à Ruthven entre ses deux tournées, ou après son retour à Edimbourg, en 1761.

Ici entre en scène un nouveau personnage dont le rôle est loin d'être négligeable. Ce Lachlan Macpherson, laird de Strathmashie et cousin de James, semble avoir eu une grande part dans la composition de Y Ossian que nous connaissons. Il était lui-même poète, quoique poète médiocre % . en langue gaélique, et c'est un détail à ne pas oublier ; il connaissait infiniment mieux que notre Macpherson le monde dans lequel celui-ci s'était engagé. C'est lui, le capitaine Morison et Andrew Gallie qui, d'après leurs propres témoignages, prêtèrent à Macpherson l'aide la plus efficace. Et de cette aide il avait grand besoin. Livré à ses seules forces, il n'aurait pu que s'inspirer des quelques ballades qu'il connaissait, et dont en elTet les idées, les expressions mêmes se retrouvent en plusieurs passages de son Ossian ^ Est-ce cela qui permettait à Lachlan Macpherson d'émettre un jugement qui nous déconcerte, lorsqu'il trouvait les traductions de son cousin « amazingly literal * » ? Incapable

1. Lettre à James Mac-Lagan (d'Amulree) du 16 janvier 1761 ; citée B. Saunders, p. 153.

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