Stern, p
Introduction i i
retrouve l'équivalent vieux-norrois et seraient comme lui des envahisseurs de l'Irlande '. Cette thèse a été combattue par MM. D'Arbois de Jubainville ', Kuno Meyer, Whitley Stokes et Nutt. M. Stern semble rester indécis ^ Un point paraît hors de doute, c'est que Finn est un héros national irlandais, et non écossais. On chantait aux foires irlandaises du moyen âge « les exploits de Finn, matière sans limites * ». Finn Mac-Cumhail (Comhal) eut entre autres fils Ossian ^ ou plutôt O'isin ou Ossin. Que Finn et Ossian aient réellement existé, cela « ne peut faire de doute *■' ». Le père et le fils, ainsi que plusieurs de leurs compagnons, avaient composé des chants épiques ; dans les manuscrits les plus anciens, certains poèmes sont attribués à Finn, d'autres à Caoilte '. Mais la tradition avait rapporté à Ossian la plupart de ces chants, et, de siècle en siècle, grossi presque indéfiniment le nombre de ceux qui lui étaient attribués.
La première mention du nom d'Ossian dans la littérature générale se trouve dans Giraldus Cambrensis(Gerald Barrj), mort en 1220. Finn est nommé dans Bi'uce, le poème de Barbour, vers 1375. A l'intérieur du pays de langue gaélique, de nombreux manuscrits, transmis ou recopiés de génération en génération, servaient de textes aux récitations des chanteurs, et beaucoup de poètes grossissaient ce fonds de compositions nouvelles. Les contes et légendes ossianiques se transmettaient aussi de bouche en bouche, à l'état de récits traditionnels. A travers tout le moyen âge et jusqu'au xviif siècle, une tradition inaltérée transmet ainsi.
1. H. Zimmer, Ke tische Beitrœge, III (^Zeitschrift fur deutsches Alterthum, XXXV, 1-172, 1891).
2. Analyse du Mémoire et discussion, Revue Celtique, liOl, p. 295.